La Nouvelle-Zélande, à la croisée des chemins énergétique face aux tensions géopolitiques
Whangārei, Nouvelle-Zélande – L’avenir énergétique de la Nouvelle-Zélande est au centre des débats, alors que les tensions internationales, notamment au Moyen-Orient et en Ukraine, mettent en lumière la vulnérabilité du pays face aux chocs pétroliers. Un ancien responsable de la raffinerie de Marsden Point tire la sonnette d’alarme, estimant que la Nouvelle-Zélande s’aligne sur une politique énergétique similaire à celle de certains États américains favorables à l’industrie pétrolière, au détriment des énergies renouvelables.
David Keat, qui occupait le poste de responsable de la raffinerie de Marsden Point, a déclaré à Morning Report que la chaîne d’approvisionnement en hydrocarbures est particulièrement sensible aux bouleversements géopolitiques. Il souligne que la Nouvelle-Zélande se retrouve souvent en fin de liste en cas de crise. "Nous savons que quelque chose pourrait exploser en mer de Chine méridionale, qui sait ce que [l’ancien président américain] Donald Trump pourrait faire ensuite", a-t-il illustré, rappelant que de tels risques sont récurrents.
La fermeture de la raffinerie de Marsden Point en avril 2022, une décision commerciale prise par ses propriétaires privés, est devenue un point de friction au sein de la coalition gouvernementale actuelle. Shane Jones, du parti New Zealand First, accuse le gouvernement précédent d’avoir commis une erreur en autorisant cette fermeture. Chris Hipkins, leader du parti travailliste, a dénoncé ces accusations comme étant malhonnêtes, insistant sur le fait que la décision relevait des propriétaires de la raffinerie.
David Seymour, leader du parti ACT, estime quant à lui que le coût de raffinage du pétrole à Marsden Point était plus élevé que celui d’autres sites, et que la fermeture était donc une décision logique. Il soutient que maintenir la raffinerie ouverte aurait nécessité une augmentation de la taxe sur le carburant, sans pour autant améliorer significativement la sécurité d’approvisionnement.
Face à cette situation, Keat plaide pour une stratégie axée sur l’autosuffisance énergétique, reposant sur deux piliers : une production d’électricité 100% renouvelable et l’électrification progressive du parc automobile. Il observe que la plupart des pays, à l’exception des "États MAGA américains" et de la Nouvelle-Zélande, progressent dans cette direction. Il cite l’exemple de l’Australie-Méridionale, qui devrait atteindre son objectif de 100% d’électricité renouvelable d’ici 2027, avec une réduction des prix de l’électricité d’environ 30%.
Le prix du pétrole brut Brent se négocie actuellement à près de 100 dollars américains (environ 170 dollars néo-zélandais) le baril, entraînant une hausse des prix à la pompe dans tout le pays. Keat considère que la crise énergétique actuelle devrait être perçue comme une opportunité stratégique par le gouvernement.
La Nouvelle-Zélande dispose actuellement d’une réserve de carburant équivalente à 52 jours de consommation, stockée dans le pays ou en transit. La question de la sécurité énergétique reste donc cruciale, alors que les conflits internationaux continuent de peser sur les marchés pétroliers.
