Les tensions au Moyen-Orient pèsent sur les marchés mondiaux, le pétrole oscille autour des 100 dollars
PARIS – Les marchés boursiers mondiaux restent sous pression alors que les tensions persistantes au Moyen-Orient et la volatilité des prix du pétrole continuent de dominer le sentiment des investisseurs. Les inquiétudes concernant une escalade du conflit régional ont entraîné une forte baisse de l’indice S&P 500 jeudi, sa plus forte chute depuis le début de la guerre, et maintiennent les marchés dans un état d’incertitude.
Le prix du Brent, référence mondiale du pétrole, a brièvement dépassé les 100 dollars le baril avant de retomber autour de 95 dollars, illustrant la sensibilité extrême du marché à chaque nouvelle information provenant de la région. Malgré la libération de 400 millions de barils de réserves stratégiques par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les prix restent élevés, signalant que ces mesures d’urgence n’ont pas réussi à stabiliser les marchés.
Les tensions s’intensifient avec l’expansion des activités militaires iraniennes et la pression accrue sur le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transport du pétrole. Des perturbations ont été signalées à Dubaï et à l’aéroport international de Koweït, tandis que deux pétroliers ont été touchés dans les eaux territoriales irakiennes. Israël a également annoncé le lancement de frappes à grande échelle contre des cibles iraniennes, alimentant les craintes d’un élargissement du conflit.
"Les marchés sont actuellement verrouillés dans un environnement dicté par les titres, où les mouvements des prix du pétrole continuent de déterminer la direction générale des actifs à risque", explique un analyste financier.
Analyse technique : le S&P 500 reste orienté à la baisse
Sur le plan technique, l’indice S&P 500 présente une structure baissière, avec une formation de points hauts et de points bas inférieurs depuis son pic près du niveau 7000. Cette tendance suggère une préférence pour les cassures de supports plutôt que de résistances. La zone de résistance clé se situe entre 6771 et 6791, un niveau qui avait précédemment servi de support avant de céder la semaine dernière.
Bien qu’un rebond ait été observé lundi, il n’a pas généré de suivi significatif, un schéma observé sur les marchés mondiaux depuis le début du conflit. Les rallyes sont rapides mais de courte durée, ce qui augmente le risque que les acheteurs à la hausse soient pris dans des hausses temporaires.
En cas de retour de la pression à la vente, l’indice pourrait retomber vers le plus bas de lundi à 6584, où de nombreux acheteurs à la baisse ont probablement placé leurs ordres stop. Le premier support clé se situe entre 6698 et 6718. Une cassure de cette zone pourrait ouvrir la voie à un nouveau momentum baissier, avec un niveau suivant autour du plus bas de novembre à 6525.
Pour stabiliser les perspectives à court terme, les acheteurs devraient reconquérir la zone de résistance 6771-6791 sur une base de clôture quotidienne. Une reprise technique plus forte nécessiterait une cassure au-dessus des récents sommets de consolidation près de 6900, ainsi qu’un retour au-dessus de la moyenne mobile exponentielle à 21 jours.
En fin de compte, les graphiques passent au second plan face à la géopolitique. Les prix du pétrole et les développements au Moyen-Orient restent les forces dominantes qui dirigent les marchés.
L’agence américaine de l’énergie prévoit que le prix du pétrole Brent restera au-dessus de 95 dollars le baril au cours des deux prochains mois, soulignant la persistance des risques géopolitiques.
