Marche pour la santé mentale : un universitaire relie Migori à Nairobi

Ces initiatives exigent des gouvernements et des communautés un soutien culturellement adapté, une reconnaissance accrue des traumatismes et des investissements urgents face à une crise grandissante.

La santé mentale sort lentement de l’ombre à travers le monde grâce à des actions de terrain menées par des personnalités touchées de près par ces souffrances. Du Kenya à la Nouvelle-Zélande en passant par les instances de l’Organisation des Nations Unies, des voix s’élèvent pour dénoncer le manque de prise en charge, la stigmatisation et l’absence de ressources adaptées aux réalités locales.

La marche de Frederick Gori du comté de Migori vers Nairobi

Le 18 août 2026, Frederick Gori, maître de conférences à l’université Rongo, a entamé une marche de longue haleine reliant le comté de Migori à Nairobi, d’après les informations rapportées par la couverture de Standardmedia. Cette mobilisation vise à placer la santé mentale au premier plan de l’agenda politique kényan et à remettre des pétitions aux gouvernements de comté.

Pour ce spécialiste de la communication, ce combat puise ses racines dans une lutte personnelle entamée dès l’âge de cinq ans, marquée par des épisodes de paralysie du sommeil, d’anxiété et de dépression clinique qu’il n’a su nommer que tardivement. Il décrit un quotidien où la souffrance mentale isole l’individu et pèse lourdement sur la vie professionnelle et affective.

Je me bats personnellement avec des problèmes de santé mentale depuis très longtemps, depuis l’âge d’environ cinq ans. Même plus jeune, j’ai lutté contre ces difficultés. Frederick Gori, enseignant-chercheur à l’université Rongo, via Standardmedia

Frederick Gori insiste sur le fait que dans les zones rurales, les difficultés psychologiques sont souvent mal interprétées, attribuées à des forces maléfiques ou renvoyées à de simples recommandations de prières par les communautés religieuses, ce qui isole un peu plus les personnes en détresse.

Le parcours de Shane Anderson à travers la Nouvelle-Zélande pour les vétérans

Engagé dans l’armée à partir de 2005, Anderson a connu les déploiements tendus à Tonga en 2006 après des émeutes, puis au Timor oriental.

Marche pour la santé mentale : un universitaire relie Migori à Nairobi
Photo: https://www.betterhealth.vic.gov.au/health/servicesandsupport/talking-to-health-professionals-about-mental-health-issues

Cette marche, baptisée « A Long Walk Home Soldier », répond à un double objectif : s’isoler pour apaiser son propre esprit et attirer l’attention sur les traumatismes psychologiques persistants des ex-combattants. Le marcheur rend également hommage à des collègues disparus, tels que le caporal Dougie Hughes et le soldat Richard Harris, tué en Afghanistan.

Les gouvernements ont un devoir de diligence lorsqu’ils envoient des gens se battre et vivre les horreurs que cela implique. Ils ont le même devoir de diligence pour prendre soin d’eux, et de leurs problèmes de santé mentale causés par ces déploiements, lorsqu’ils rentrent. Shane Anderson, ancien soldat, via nzherald.co.nz

L’appel des jeunes leaders de l’ONU et la crise mondiale de la jeunesse

Sur le plan international, la question des jeunes et des adolescents fait l’objet d’alertes chiffrées de la part des institutions mondiales. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé rapportées par les services d’information de l’ONU, le suicide constitue la troisième cause de décès chez les personnes âgées de 15 à 29 ans, avec une concentration particulièrement forte dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Marche pour la santé mentale : un universitaire relie Migori à Nairobi
Photo: un.org
Former soldier Shane Anderson and his dog Missy are walking the length of the country to raise awareness of mental health
Photo: nzherald.co.nz

Tanatswa Amanda Chikaura, chercheuse zimbabwéenne en doctorat à l’université de Cambridge et fondatrice de la Ndinewe Foundation, participe aux initiatives menées au siège de l’ONU à l’occasion d’un événement axé sur le sport et les objectifs de développement durable. Elle souligne que les budgets nationaux allouent traditionnellement moins de deux pour cent de leurs ressources à la santé mentale.

La santé mentale des jeunes a été négligée pendant trop longtemps. Cela ne peut pas continuer. Tanatswa Amanda Chikaura, jeune leader de l’ONU pour les Objectifs de développement durable, via un.org

Qu’il s’agisse de dénoncer le manque de structures rurales au Kenya, de réclamer la prise en charge des traumatismes de guerre en Nouvelle-Zélande ou d’exiger des investissements ciblés pour la jeunesse africaine au niveau mondial, ces mouvements convergent vers une même exigence : libérer la parole et doter chaque communauté de ressources médicales culturellement adaptées.

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