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Manifestations aux États-Unis après la mort d’un infirmier abattu par des agents fédéraux

La colère gronde aux États-Unis après la mort d’un infirmier abattu par des agents fédéraux

Minneapolis, États-Unis – Des manifestations massives ont embrasé plusieurs villes américaines samedi, de Minneapolis à New York en passant par San Francisco, Boston et Providence, suite à la mort d’Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, tué par des agents fédéraux à Minneapolis. L’incident, survenu le 24 janvier, a ravivé les tensions autour des actions des forces de l’ordre et de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).

Les protestations interviennent après une marche de milliers de personnes à Minneapolis la veille, déjà mobilisées contre les pratiques de l’ICE. Les manifestants, bravant un froid glacial, ont exprimé leur soutien à Pretti et à d’autres victimes présumées des opérations accrues des agents d’immigration dans la ville. Des slogans tels que « Fuck ICE, ICE out » ont résonné dans les rues, capturés dans des diffusions en direct sur YouTube.

À New York, des milliers de personnes se sont rassemblées à Union Square, scandant : « Say it once, say it twice, we will not put up with ICE ! ». Le conseiller municipal Chi Ossé a pris la parole pour appeler à l’abolition de l’ICE, allant jusqu’à réclamer des procès de Nuremberg pour les agents de l’agence, les qualifiant d’« agents du chaos » qui « détruisent le tissu de notre pays ».

La colère s’est également exprimée sur la côte ouest. À San Francisco, des centaines de personnes se sont rassemblées en centre-ville, brandissant des pancartes et scandant des slogans tels que « Stand up fight back ». Les manifestants ont également rendu hommage à Renee Good, une autre habitante de Minneapolis tuée par un agent de l’immigration plus tôt ce mois-ci.

À Providence, des centaines de personnes ont protesté devant le siège local du Département de la Sécurité intérieure (DHS), scandant « Shut it down ! ». À Boston, les manifestants ont entonné : « One, two, three, four, ICE detention no more ! Five, six, seven, eight, end the terror and the hate ! ».

L’incident impliquant Alex Pretti, infirmier en soins intensifs au Minneapolis VA Health Care System, a suscité une vive controverse. Des vidéos virales montrent Pretti étant plaqué au sol par des agents avant d’être abattu. Il aurait été interpellé après être intervenu pour défendre un observateur bousculé par un agent fédéral. Selon des analystes, des images suggèrent qu’une arme à feu lui aurait été retirée avant les tirs.

Le DHS et sa secrétaire, Kristi Noem, affirment que Pretti aurait approché des agents de la patrouille frontalière avec un pistolet semi-automatique de 9 mm et que les agents auraient tenté de le désarmer. Cependant, ces affirmations sont contredites par les vidéos disponibles. Le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, a confirmé que Pretti était titulaire d’un permis de port d’arme, conformément à la loi du Minnesota, qui autorise le port visible d’armes à feu.

La mort de Pretti s’inscrit dans un contexte plus large de tensions croissantes concernant les actions des forces de l’ordre et les politiques d’immigration aux États-Unis. Selon les données du Bureau of Justice Statistics, les décès liés à l’application de la loi ont augmenté de 11% entre 2020 et 2022, soulignant la nécessité d’une réforme et d’une transparence accrue.

De retour à Minneapolis, des centaines de personnes se sont rassemblées sur le lieu de la fusillade, malgré le froid glacial, pour rendre hommage à Pretti. Un mémorial improvisé s’est constitué, orné de bougies et de messages de condoléances. Des commerces locaux ont offert aux manifestants un refuge chaleureux, ainsi que de l’eau, du café et des collations.

« On a l’impression que chaque jour, c’est pire que le précédent », a déclaré Caleb Spike, un manifestant venu de la banlieue de Minneapolis. « Ce qui se passe dans notre communauté est injuste, c’est révoltant, c’est dégoûtant. »

L’affaire Pretti, et les manifestations qu’elle a engendrées, soulignent une fois de plus la polarisation croissante de la société américaine et la nécessité d’un dialogue constructif sur les questions de justice sociale et de responsabilité policière.

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