Home SantéMammographie : un indice précoce de fragilité osseuse ?

Mammographie : un indice précoce de fragilité osseuse ?

by Camille Laurent - Santé

Dépistage de l’ostéoporose : une avancée prometteuse lors des mammographies

Stockholm, Suède – Une nouvelle étude suédoise révèle qu’il pourrait être possible de prédire le risque de fractures liées à l’ostéoporose, notamment de la hanche, grâce à une simple analyze de la densité osseuse de la main effectuée pendant une mammographie.Les résultats, publiés récemment, ouvrent la voie à un dépistage plus large et plus précoce de cette maladie silencieuse qui touche des millions de personnes dans le monde.

L’étude, menée auprès de 14 000 femmes, a démontré une corrélation significative entre la densité osseuse mesurée dans la main et le risque de fractures ultérieures.L’innovation réside dans l’utilisation des images déjà acquises lors des mammographies, avec un ajout minimal de temps et de radiation pour l’analyse de la main.

“Nous pouvons, sur la base de valeurs spécifiques dans les os de la main, prédire le risque de fracture de la hanche dans un délai déterminé, et ce, de manière personnalisée”, explique le Dr Torkel Brismar, chercheur principal de l’étude. “Cela pourrait permettre un dépistage de l’ostéoporose intégré à la mammographie de routine ou lors de radiographies de la main réalisées pour d’autres raisons.”

L’ostéoporose : un enjeu de santé publique majeur

L’ostéoporose, caractérisée par une diminution de la densité osseuse et une fragilité accrue, est une maladie chronique qui augmente considérablement le risque de fractures, en particulier au niveau de la hanche, de la colonne vertébrale et du poignet. Souvent asymptomatique pendant des années, elle est surnommée la “maladie silencieuse”.Les facteurs de risque incluent l’âge, le sexe féminin (en particulier après la ménopause), les antécédents familiaux, une alimentation pauvre en calcium et en vitamine D, le manque d’exercice physique et certaines conditions médicales.

Vers un dépistage plus complet et personnalisé

Les chercheurs suédois poursuivent leurs investigations avec un suivi à long terme des participantes à l’étude,afin de déterminer la fréquence optimale de ces mesures de densité osseuse. Parallèlement, ils développent des outils d’intelligence artificielle (IA) capables de détecter l’ostéoporose à partir de tomodensitométries (scanners) abdominales, offrant ainsi une évaluation encore plus complète du risque de fracture.

“L’IA nous permettra de prendre en compte non seulement la densité osseuse, mais aussi la masse musculaire et la graisse corporelle, qui influencent également le risque de chutes et de fractures”, précise le Dr Brismar.”Cela ouvre la voie à des traitements plus ciblés et personnalisés,qui pourraient inclure des interventions axées sur le renforcement musculaire et l’amélioration de l’équilibre,en complément des médicaments traditionnels.”

Cette avancée prometteuse pourrait révolutionner la prévention et la prise en charge de l’ostéoporose, permettant d’identifier les personnes à risque avant qu’une fracture ne survienne et d’améliorer significativement leur qualité de vie.

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