Des climatologues de l’Université de Bristol ont publié cinq mesures clés pour contrer la menace sanitaire d’un super El Niño imminent, dont les températures de surface de l’eau pourraient dépasser les normales de plusieurs degrés dans le Pacifique.
L’alerte des chercheurs face au super El Niño de 2026
Les services de prévision observent de près l’océan Pacifique en raison de risques d’intensification du phénomène climatique. Bien que l’événement reste d’origine naturelle, sa conjonction avec le réchauffement climatique actuel fait redouter des impacts sur les températures globales, le régime des pluies et la sécurité alimentaire, selon un appel urgent publié dans la revue The Lancet par l’Université de Bristol.
Les répercussions sanitaires de cette dynamique océanique restent largement sous-estimées, malgré un cycle prévisible plusieurs mois à l’avance. Les chercheurs de l’Université de Bristol estiment que l’absence de données précises sur la part imputable au changement climatique par rapport à El Niño freine la mise en place de réponses ciblées contre la malnutrition et les maladies infectieuses.
Puisque l’El Niño actuel pousse de nombreuses régions vers des climats plus extrêmes, il existe un besoin urgent et sans précédent de mieux comprendre, mesurer et cibler les différents dangers pour chaque pays et chaque lieu.
Dr Ruby Lieber, Senior Research Associate in Climate Science at the University of Bristol
Les prévisions de la NOAA et de l’Organisation météorologique mondiale
En septembre, la température de surface dans la zone équatoriale du Pacifique baptisée Niño 3.4 dépassait la normale de 2,1 degrés Celsius, d’après les données de l’agence américaine NOAA. De son côté, l’Organisation météorologique mondiale a publié un bulletin prévoyant un écart thermique pouvant atteindre 3,7 degrés entre octobre et décembre 2026.
Cette intensité record fait craindre l’émergence d’un super El Niño. L’agence américaine estime que la probabilité d’un phénomène historiquement puissant est élevée, susceptible d’amplifier les sécheresses et les vagues de chaleur dans de vastes zones géographiques, incluant l’Inde, l’Asie de l’Est, l’Amérique du Sud, une partie de l’Afrique et le Pacifique occidental.
Cinq actions prioritaires pour protéger les populations vulnérables
Face à ces menaces, l’étude publiée dans The Lancet propose une stratégie articulée autour de cinq axes fondamentaux pour anticiper les chocs sanitaires :
- L’engagement des Nations unies et des instances internationales à prioriser la protection de la santé dès l’officialisation d’un épisode El Niño.
- Le soutien direct aux gouvernements nationaux pour évaluer les risques sanitaires et déployer des systèmes d’alerte précoce.
- Le développement d’études d’attribution croisant climat et santé afin d’orienter les politiques publiques.
- L’évaluation continue des effets sur la santé pour combler les lacunes documentaires existantes.
- L’analyse de la rentabilité des mesures d’adaptation, telles que la résilience des systèmes alimentaires et la protection contre les inondations urbaines.
Ces directives exigent une coordination étroite entre les chercheurs, l’Organisation mondiale de la santé, le système des Nations unies et la Banque mondiale. Selon les données de l’UNICEF publiées en octobre 2026, ces aléas climatiques font peser des risques de sécheresses graves ou d’inondations destructrices sur de nombreux enfants à travers le monde.
Il est impératif de travailler en partenariat et ces entités mondiales doivent d’urgence faire appel aux avancées de la science de l’attribution pour reconnaître et évaluer plus précisément quelle part des répercussions est le résultat du changement climatique d’origine humaine et quelle part est le résultat d’El Niño.
Dr Ruby Lieber, Senior Research Associate in Climate Science at the University of Bristol
La menace sur la mousson et la résilience mondiale
Les répercussions s’annoncent particulièrement délicates pour les régimes de mousson en Inde, où le manque de précipitations pèse directement sur l’agriculture, le niveau des barrages, la demande en électricité et l’approvisionnement alimentaire. Les experts rappellent que le phénomène ne se limite pas à des variations locales mais s’inscrit dans un ensemble de télé-connexions atmosphériques mondiales.
Les chercheurs en climatologie et en santé doivent s’unir, avec le soutien total des agences nationales et internationales, pour créer une base de données probantes beaucoup plus avancée. Cela nous permettra d’accroître la résilience mondiale et de mettre en œuvre des stratégies d’adaptation pour atténuer les nombreuses implications sanitaires profondément préoccupantes, en particulier pour les pays les plus exposés.
Dann Mitchell, Shanta Professorial Chair in Planetary Health at the University of Bristol
À ne pas manquer