À la rentrée scolaire 2026/2027 dans le département du Lot, onze postes d’enseignants seront fermés malgré les contestations de parents d’élèves, tandis qu’un décret national publié fin juillet permet désormais de changer un élève d’établissement en raison du comportement violent de ses parents.
Le Lot perd onze postes d’enseignants pour la rentrée 2026
À la rentrée scolaire 2026/2027, le département du Lot perdra onze postes d’enseignants, actant une réduction par rapport aux treize retraits initialement envisagés par l’administration. Ces suppressions de postes ont été entérinées à l’issue du dernier conseil départemental de l’éducation nationale, le CDEN, qui s’est tenu un lundi soir après deux mois de discussions tendues et de mobilisation des parents d’élèves selon l’analyse publiée par la presse locale.
La directrice des services de l’Éducation nationale dans le Lot, Sophie Sarraute, a souligné que ces choix s’imposent face à une baisse démographique continue. En dix ans, entre 2015 et 2025, le territoire a perdu 1 700 élèves, faisant chuter la moyenne d’enfants par classe de 24,5 à 19,4. Le département se positionne ainsi comme le deuxième de l’académie comptant le moins d’écoliers.
Critères de fermeture et maintiens négociés dans les écoles
Onze écoles du département perdront effectivement un poste, ciblant notamment Luzech, Espère, Flaugnac, Castelfranc, Caillac, Lalbenque, Puy-l’Évêque, Biars, Gramat, Duravel et Livernon. Les services académiques justifient ces décisions par la nécessité de rééquilibrer des situations inéquitables, citant l’exemple de classes comptant 27 élèves dans certaines communes face à d’autres n’en regroupant que 13.
Cependant, certaines mobilisations ont infléchi les arbitrages initiaux. Les écoles de Pradines et de Bretenoux ont finalement sauvé leurs postes d’enseignants après avoir présenté des arguments constructifs salués par l’académie. À Bretenoux, le syndicat UNSA et une argumentation économique axée sur le dynamisme territorial ont convaincu l’administration, en dépit d’une perte de 120 élèves depuis 2020. À Pradines, c’est la configuration pédagogique globale — incluant des initiatives sur les langues vivantes avec l’anglais et le dispositif Emile, une classe Ulis et l’investissement de la mairie — qui a motivé le maintien des effectifs.
Un nouveau décret national pour sanctionner le comportement des parents
Sur le plan réglementaire, un décret publié mercredi 29 juillet au Journal officiel instaure la possibilité de muter d’office un élève vers un autre établissement lorsque l’attitude d’un parent ou d’un membre de sa famille menace sérieusement la sécurité du personnel ou perturbe le fonctionnement de l’école. Cette mesure s’applique de l’école primaire jusqu’au lycée, comme l’explique cette note d’information spécialisée.
La procédure varie selon le niveau d’enseignement. En primaire, la décision ne relève pas du seul directeur d’établissement : la situation doit être signalée au directeur académique des services de l’Éducation nationale, le Dasen. Après avoir entendu la famille, celui-ci peut demander au maire de radier l’enfant pour l’inscrire dans une autre commune. Au collège et au lycée, le Dasen peut prononcer directement la réaffectation après une entrevue avec les parents.
Des syndicats et associations vent debout contre les sanctions aux élèves
Le ministère justifie ce dispositif par la protection des équipes éducatives, rappelant qu’au cours de l’année scolaire 2024-2025, quatre incidents graves pour 1 000 élèves ont été recensés dans le primaire, dont près de la moitié concernaient des violences verbales et un tiers impliquaient des proches d’élèves. Un accompagnement pédagogique, éducatif et social renforcé doit être mis en place pour l’enfant concerné afin d’éviter une rupture trop brutale.

Cette disposition suscite toutefois de vives résistances syndicales et associatives. Dès le début du mois de juillet, plusieurs organisations ont quitté une réunion ministérielle pour marquer leur opposition. La FCPE a notamment dénoncé une règle faisant porter à l’enfant la responsabilité des agissements de sa famille, l’obligeant à quitter ses camarades et ses enseignants en cours d’année.
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