Allemagne : Polémiques autour de l’utilisation du logiciel américain Palantir par la police
Francfort – Le débat s’intensifie en Allemagne concernant l’utilisation du logiciel d’analyze de données américain Palantir par la police de l’État de Hesse. Des voix s’élèvent pour exiger des alternatives européennes, soulevant des questions de souveraineté des données et de sécurité.
Le député du FDP, benjamin Promny, a mis en garde contre la dépendance à un fournisseur non européen pour des systèmes sensibles utilisés par les forces de l’ordre. Il a souligné l’existence de solutions alternatives proposées par des entreprises européennes et allemandes, mais déploré le manque de volonté politique pour les tester et les implémenter. Sandra weegels, députée de l’AfD, a rejoint ce point de vue, appelant à mettre fin à l’utilisation de “logiciels boîte noire” américains.
Le ministre de l’Intérieur de Hesse, roman Poseck (CDU), défend l’utilisation de “Hessendata”, le système basé sur Palantir, affirmant qu’il renforce la sécurité du pays. Il précise que les serveurs et les données sont hébergés dans des centres de données sécurisés en Hesse,garantissant la souveraineté des données de la police locale.
Poseck se dit ouvert à une solution européenne ou nationale, mais uniquement si elle offre des fonctionnalités équivalentes à celles de palantir. À ce jour, aucune choice n’a été jugée satisfaisante.
Contexte et enjeux :
L’utilisation de palantir par la police allemande est un sujet de controverse depuis plusieurs années. Le logiciel, initialement conçu pour la lutte contre le terrorisme, permet d’analyser de vastes quantités de données pour identifier des schémas et des liens potentiels. Les critiques s’inquiètent de la surveillance de masse, de la protection de la vie privée et de la dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis.
Le débat actuel s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations croissantes concernant la souveraineté numérique de l’Europe et la nécessité de développer des technologies indépendantes dans des domaines stratégiques tels que la sécurité intérieure. La question de la protection des données personnelles et du respect des libertés individuelles reste au cœur des discussions.L’expiration du contrat avec Palantir pourrait ouvrir la voie à une réévaluation des options et à l’adoption d’une solution plus conforme aux valeurs européennes.
