Pour les Australiens, l’accès à la propriété pourrait se trouver de l’autre côté du Pacifique
BOSTON – L’accessibilité à la propriété immobilière en Australie est devenue un défi majeur pour de nombreux citoyens, une situation qui pousse certains à envisager des solutions audacieuses, voire inattendues. Une option de plus en plus discutée : déménager aux États-Unis pour profiter de salaires plus élevés et, ultimement, faciliter l’acquisition d’un logement.
La crise du logement australien est bien documentée. Selon les données récentes de l’Australian Bureau of Statistics, les prix des logements ont augmenté de 8,6 % au cours de l’année écoulée, tandis que les salaires n’ont progressé que de 3,4 %. Ce décalage croissant signifie qu’il faut désormais plus de huit années de salaire moyen pour acquérir une propriété, contre quatre au début des années 2000.
“Les Australiens ont de bonnes raisons de se sentir frustrés”, explique Max Yong, professeur de finance personnelle à l’Université Harvard et ancien enseignant à l’Université de Melbourne. “Mais il faut aussi être pragmatique et chercher des moyens d’optimiser ses revenus et de réduire ses dépenses.”
Pour certains, cette optimisation pourrait impliquer un déménagement temporaire ou permanent aux États-Unis. Yong souligne que les salaires pour des postes similaires dans des secteurs tels que le conseil peuvent être presque deux fois plus élevés aux États-Unis, notamment dans des villes comme Boston.
Cette différence salariale, combinée à un taux de change favorable (1 dollar australien équivaut actuellement à environ 0,65 dollar américain) et à un système fiscal potentiellement plus avantageux, pourrait accélérer considérablement l’épargne pour un acompte. Les infirmières enregistrées, par exemple, gagnent en moyenne 116 000 dollars américains par an aux États-Unis, contre 88 000 dollars australiens en Australie – une différence de plus de 32 %.
Cependant, Yong met en garde contre une dépendance excessive à l’arbitrage salarial. Les taux de change peuvent fluctuer considérablement, comme en 2014-2015, lorsque le dollar australien a chuté de 34 % par rapport au dollar américain. Il est donc crucial de prendre en compte les risques liés à la volatilité des devises lors de la planification à long terme.
Au-delà des salaires, le coût de la vie joue également un rôle important. Si certaines villes américaines, comme New York, sont notoirement chères, d’autres offrent un équilibre plus favorable entre opportunités d’emploi et accessibilité financière. Des villes comme Bentonville, Arkansas, siège du géant du commerce de détail Walmart, présentent un coût de la vie nettement inférieur à celui des grandes métropoles américaines.
L’attrait de la propriété immobilière aux États-Unis ne se limite pas aux salaires et au coût de la vie. Le système hypothécaire américain, avec ses prêts à taux fixe sur 30 ans, offre une stabilité que les propriétaires australiens ne connaissent pas, souvent confrontés à des taux variables et à des incertitudes liées aux fluctuations du marché. De plus, les prix des logements sont, en moyenne, plus abordables aux États-Unis, avec un ratio prix/revenu plus favorable.
Alors que les Australiens continuent de lutter contre la crise du logement, l’idée de chercher des opportunités de l’autre côté du Pacifique gagne du terrain. Si cette solution n’est pas sans risques, elle pourrait offrir une voie viable pour ceux qui aspirent à devenir propriétaires. Peut-être que le prochain conseil en matière d’accession à la propriété en Australie ne sera plus seulement d’arrêter de s’offrir des avocats, mais plutôt de troquer les toasts à l’avocat contre des hot-dogs américains.
Note: Cet article est basé sur les informations fournies par Max Yong et les données statistiques disponibles auprès de l’Australian Bureau of Statistics, du Bureau of Labor Statistics américain et d’autres sources fiables. Les conseils financiers sont d’ordre général et ne doivent pas être considérés comme des recommandations personnalisées. Il est toujours conseillé de consulter un professionnel de la finance avant de prendre des décisions importantes.
