L’huile tombe à un bas depuis plus d’un an

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La chute des prix du pétrole s'accélère. Vendredi en fin d’après-midi, le baril de Brent en mer du Nord était en baisse de plus de 6%, tombant sous la barre symbolique des 60 dollars pour la première fois depuis plus d’un an. Par rapport au sommet atteint début octobre (plus de 86 dollars), l'or noir a perdu 30% de sa valeur.
La tendance est clairement baissière pour le brut depuis plusieurs semaines. Jeudi, l'Arabie saoudite a annoncé que sa production augmenterait à nouveau en novembre après avoir atteint près de 11 millions de barils en octobre, un niveau proche de ses records. "La production augmente également dans tous les principaux pays producteurs, en Russie, aux États-Unis et aux Émirats arabes unis", constate Olivier Lejeune, analyste à l'Agence internationale de l'énergie. Réunion de l'OPEP début décembre Un autre facteur a accentué la baisse: les sanctions américaines contre l'Iran sont plus légères que prévu, certains pays étant autorisés à continuer d'importer du pétrole iranien. L'impact sur l'offre a donc été moins drastique que prévu. Face à cette baisse, l'OPEP réagit. L’Arabie saoudite a annoncé il ya deux semaines qu’elle envisageait de réduire sa production de 500 000 barils en décembre afin de tenter de stopper le déferlement. Et a laissé entendre que l'OPEP dans son ensemble pourrait annoncer un million de barils de moins lors de la prochaine réunion du cartel à Vienne le 6 décembre. Mais ces déclarations n’ont pas eu d’impact durable sur les prix. L'affaire Khashoggi complique la transaction. Donald Trump continue de faire pression sur Riyad pour que les prix du pétrole continuent de baisser. Certains experts estiment que l’Arabie aura du mal à s’opposer aux États-Unis, leur allié historique, tandis que l’affaire Khashoggi complique sérieusement l’accord sur la diplomatie du prince héritier Mohammed bin Salman. Donald Trump a également mentionné les deux sujets – les prix du brut et l’affaire Khashoggi – dans un seul communiqué. "Le marché constitue le lien entre les deux cas et, logiquement, teste la capacité de l'Arabie saoudite et de l'OPEP à réduire leur production", a déclaré mercredi un analyste de l'UBS. Les autres spécialistes ne partagent pas cette analyse. "Nous pensons que l'Arabie saoudite ne soutiendra plus la baisse de prix demandée par Trump et que le royaume cherchera à accroître son indépendance vis-à-vis des États-Unis", a déclaré Kpler. Surproduction Quoi qu'il en soit, cette offre abondante arrive sur le marché à un moment où la demande américaine montre des signes de faiblesse. Les stocks de brut américains ont augmenté pour la neuvième semaine consécutive. "Nous sommes maintenant dans une situation de surproduction", explique Olivier Lejeune. Si l’Opep continue de produire aux niveaux actuels, l’offre mondiale atteindra 2 millions de barils par jour au début de l’année prochaine, selon l’Agence internationale de l’énergie. "L'OPEP et ses alliés devraient réduire leur production d'environ 1,5 million de barils pour assurer la stabilité des marchés l'année prochaine", déclarent les analystes d'Energy Aspects. Vincent Collen

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