Les députés proposent "une politique alimentaire"

Les députés proposent "une politique alimentaire"

Pour éviter les problèmes de santé dans l'industrie alimentaire, "le contrôle de soi ne suffit pas", a déclaré le président de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Lactalis, Christian Hutin, qui présente son rapport mercredi. . Il faut "contrôler les contrôleurs, et contrôler les contrôlés", a précisé le député du Nord, interrogé sur Europe 1, qui parle également de la création d'une "police alimentaire", dans une interview à France info.
À la fin de l'année 2017, 36 nourrissons avaient une salmonellose après avoir bu un lait infantile des marques Picot et Milumel produites à l'usine Lactalis de Craon, en Mayenne.
La contamination et les caprices de la procédure de retrait / rappel qui a suivi ont entraîné l'ouverture d'une enquête judiciaire. Elle a également convaincu les membres de créer une commission d'enquête parlementaire.
"La responsabilité pénale"
La commission va donc recommander «de toucher au portefeuille» l'industrie qui «ne respecte pas une forme d'éthique et de rigueur sur les autocontrôles», selon Christian Hutin, qui fait également référence à «une forme de responsabilité pénale».
Il sera également nécessaire de vérifier l'indépendance des auditeurs, car "lorsqu'un laboratoire a 90% de son chiffre d'affaires qui est lié à une seule entreprise", comme cela a été le cas dans l'affaire Lactalis, "cela peut poser problème". assuré.
Concernant la procédure de retrait / rappel qui s'était avérée défaillante durant la crise de Lactalis, Hutin a mentionné plusieurs pistes: «crash tests» comme pour les banques, l'utilisation de codes à barres et de codes QR pour faciliter les encaissements et la formation du personnel. Il demande également qu'un employé par magasin «soit responsable de la santé publique».
Le député a également déclaré que la commission demanderait à l'Etat de mettre fin à la "guerre de police" et de créer une autorité unique dans le domaine de la sécurité alimentaire, dénonçant une "armée mexicaine" avec "trois ministères: la Santé, Bercy et l'Agriculture , ce n'est pas possible. "Il y a un instant," il faut que ce soit très clair: un numéro unique, un site unique, une décision unique ", a-t-il dit.
La fin des caprices
La commission d'enquête parlementaire chargée de tirer les leçons de l'affaire présente notamment les voies dégagées pour éviter que ne se reproduisent ces gaffes.
Durant les quatre mois de l'enquête, les parlementaires ont auditionné les acteurs de l'administration, de la grande distribution, de l'agro-alimentaire, du monde agricole ainsi que plusieurs ministres pour tenter de trouver quels étaient les points faibles à améliorer dans ces procédures complexes .
Pour l'association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles, "ces auditions auront eu le mérite de donner beaucoup d'informations sur le déroulement de la crise: les pépinières et certains distributeurs ne sont pas officiellement informés des procédures de retrait / rappels, et aucune autorité contrôles sur la contamination bactériologique éventuelle des produits infantiles depuis 2005 ".
Mais les familles des victimes seront particulièrement «vigilantes quant à l'application concrète» des recommandations de la commission, assure l'association dans un communiqué.
Mardi, un rapport du Conseil national de la consommation (CNC), qui rassemble des associations de consommateurs, des organisations professionnelles et des services de la concurrence, a appelé à combiner plusieurs mesures pour améliorer la déconnexion des produits défectueux.
Un site unique
L'une des dispositions phares est la création d'un site Web unique où les producteurs et tous les distributeurs seront tenus d'afficher toutes les informations nécessaires pour le consommateur.
Mais cela nécessitera des "dispositions législatives", qui pourraient être incluses dans le projet de loi "Pacte" sur la croissance des entreprises, dont l'examen doit débuter "à partir de septembre à l'Assemblée nationale", selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.
La possibilité d'utiliser les données bancaires des clients qui ont acheté un produit rappelé / rappelé pour les alerter directement «pourrait être un instrument extraordinairement efficace», a déclaré le ministre.
Il a toutefois souligné qu '"il existe une sensibilité parfaitement légitime à la protection du secret bancaire, nous poursuivrons donc l'enquête sur cette proposition, et même sur les limites que nous devons imposer".
Les grands distributeurs ont également pris des engagements tels que la généralisation du contrôle de la trésorerie de tous les produits éventuellement défectueux, afin de s'assurer qu'aucun article ne peut quitter un grand magasin en cas de crise sanitaire.
Bruno Le Maire a également annoncé le développement dans les prochaines semaines de la possibilité pour les dénonciateurs de signaler, à travers une application mobile de la Répression de la Fraude (DGCCRF), "tous les produits suspects qu'ils auront vus lors de leurs actes de consommation". 39 ;.
(Avec AFP)

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