Temps précieux : Le manque de temps pourrait être un facteur clé dans le développement de la démence, révèle une étude
londres, Royaume-Uni – Une nouvelle étude publiée dans The Lancet : une longévité en bonne santé met en lumière un facteur de risque souvent négligé dans la prévention de la démence : le manque de temps. Selon les chercheurs, la pression temporelle constante à laquelle sont confrontées de nombreuses personnes pourrait contribuer à l’augmentation des taux de démence, et ce, de manière disproportionnée pour les populations les plus vulnérables.
L’étude, menée par Simone Reppermund et son équipe, souligne que les politiques de santé cérébrale se sont traditionnellement concentrées sur les changements de comportement individuels – alimentation, exercice, stimulation cognitive – sans tenir suffisamment compte de la réalité des contraintes de temps auxquelles les gens sont confrontés.
“À moins que les gens ne disposent des ressources temporelles nécessaires pour mettre en œuvre ces recommandations, nous risquons de laisser derrière nous ceux qui en ont le plus besoin”, explique le neuropsychiatre Perminder sachdev. “Tout comme les gouvernements agissent sur les inégalités de revenus, nous devons agir sur les inégalités temporelles.”
Cette recherche intervient à un moment où le rythme de vie s’accélère et où les exigences professionnelles et personnelles s’intensifient. Le stress chronique lié au manque de temps peut avoir des effets délétères sur le cerveau, affectant la mémoire, la concentration et la capacité à prendre des décisions.
Des solutions structurelles pour une meilleure santé cérébrale
Les chercheurs préconisent une approche multidimensionnelle pour lutter contre ce problème. Ils suggèrent un ensemble de mesures de soutien communautaire, incluant :
* Amélioration de la garde d’enfants : Faciliter l’accès à des services de garde d’enfants abordables et de qualité pour libérer du temps aux parents.
* Modalités de travail flexibles : Promouvoir des semaines de travail réduites (comme la semaine de quatre jours) et le télétravail pour offrir un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
* Transports publics améliorés : Développer des réseaux de transport en commun efficaces et accessibles pour réduire le temps passé dans les déplacements.
* Droit à la déconnexion : Protéger les employés contre les sollicitations professionnelles en dehors des heures de travail pour favoriser le repos et la récupération.
L’étude met en garde contre les conséquences d’une inaction : si des mesures concrètes ne sont pas prises, les taux de démence risquent de continuer à augmenter, avec un impact particulièrement lourd pour les populations les plus défavorisées.
Un enjeu de santé publique majeur
La démence représente un défi de santé publique croissant à l’échelle mondiale. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, plus de 55 millions de personnes vivent actuellement avec la démence, et ce chiffre devrait tripler d’ici 2050.
Cette nouvelle étude rappelle que la prévention de la démence ne se limite pas à des recommandations individuelles, mais nécessite une action collective et des politiques publiques ambitieuses pour créer une société où chacun dispose du temps nécessaire pour prendre soin de sa santé cérébrale. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter des années à la vie, mais de garantir une vie saine et épanouissante, même en vieillissant.
