Alerte climatique : un thermostat caché pourrait inverser le réchauffement, mais avec des risques
Londres, Royaume-Uni – Des recherches récentes révèlent l’existence d’un mécanisme de régulation climatique insoupçonné, capable de contrer le réchauffement global… mais pas sans potentiellement déclencher des bouleversements géologiques majeurs. Une équipe de scientifiques a identifié un “thermostat” géochimique basé sur le cycle du phosphore, qui pourrait agir comme un contrepoids au changement climatique induit par l’homme.
Ce cycle, longtemps sous-estimé, agit en régulant les niveaux de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère sur des échelles de temps géologiques. Lorsque les températures augmentent et que les roches se décomposent plus rapidement, davantage de phosphore est libéré dans les océans. Ce phosphore stimule la prolifération du phytoplancton, qui absorbe le CO2, contribuant ainsi à refroidir la planète.
“Ce processus est un peu comme un thermostat caché”, explique Andy Ridgwell, chercheur principal de l’étude.”Il a fonctionné pendant des millions d’années, stabilisant le climat terrestre.”
Cependant, ce thermostat n’est pas sans danger. L’étude suggère que, dans le passé, des fluctuations trop importantes dans le cycle du phosphore ont pu entraîner des événements climatiques extrêmes, comme des périodes de glaciation globale, connues sous le nom de “Terre boule de neige”.
Un équilibre fragile
Si l’océan actuel,plus riche en oxygène qu’auparavant,rend une nouvelle “Terre boule de neige” improbable,les chercheurs mettent en garde contre une autre possibilité : le “thermostat à charbon organique”. Ce mécanisme, lié à la quantité de matière organique enfouie dans les sédiments, pourrait accélérer l’absorption du CO2 atmosphérique, ramenant les niveaux de gaz à effet de serre à des niveaux préindustriels plus rapidement que prévu.
Paradoxalement, cela pourrait précipiter l’arrivée de la prochaine période glaciaire, initialement prévue dans environ 11 000 ans. Des études antérieures indiquent que les émissions humaines de CO2 pourraient déjà retarder cette période glaciaire de plusieurs dizaines de milliers d’années. L’activation du thermostat à charbon organique pourrait donc inverser cette tendance.
Implications à long terme
Cette découverte souligne la complexité des systèmes climatiques terrestres et la nécessité de comprendre les mécanismes de régulation naturels. Si le changement climatique perturbe ces cycles, les conséquences pourraient être imprévisibles.
Le cycle du phosphore, bien que lent, est un élément fondamental de la stabilité climatique à long terme. Comprendre son fonctionnement est crucial pour anticiper les réactions de la planète face aux perturbations anthropiques et pour élaborer des stratégies d’atténuation efficaces.
Ridgwell conclut : “Quel que soit le retard que nous prendrons pour la prochaine période glaciaire, il est important de comprendre ce mécanisme, car il pourrait la faire avancer à nouveau. Le climat finira par changer, la question est de savoir quand.”
