Espagne : Le parc automobile vieillissant freine la transition écologique
Madrid, Espagne – L’Espagne est confrontée à un défi majeur dans sa lutte contre le changement climatique : un parc automobile vieillissant et une dépendance persistante à la voiture particulière. Selon une étude récente de BIP Iberia, les transports, et en particulier le transport routier, sont les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre du pays, représentant 32,5% du total en 2023, dont 30,1% imputables aux véhicules routiers.
Malgré une augmentation des immatriculations de véhicules électriques et hybrides rechargeables – dépassant les 115 000 en 2024 – le renouvellement du parc automobile espagnol est au point mort. L’âge moyen des voitures en circulation atteint désormais 14,5 ans, un chiffre significativement plus élevé que la moyenne européenne de 12,5 ans.
Plus inquiétant encore, plus de huit millions de véhicules aux normes d’émission Euro 0 à Euro 3 continuent de rouler, et plus de la moitié du parc automobile ne répond pas aux normes environnementales les plus récentes.cette situation est due à plusieurs facteurs, notamment le coût élevé des véhicules neufs, l’incertitude réglementaire et les arduousés économiques rencontrées par de nombreuses familles.
“Le marché est paralysé et la réduction des émissions est beaucoup plus lente que nécessaire,” a déclaré Giovanni Alessandrello, associé et directeur général de BIP Espagne. “Agir sur le parc automobile n’est pas une option,mais une priorité.”
Contexte et perspectives :
Le problème du parc automobile vieillissant est un défi commun à de nombreux pays européens. Cependant, l’Espagne se distingue par un taux de renouvellement particulièrement lent, exacerbé par des crises économiques répétées et un manque d’incitations financières suffisamment attractives pour encourager le remplacement des véhicules anciens.
Les normes Euro, établies par l’Union Européenne, visent à réduire les émissions polluantes des véhicules. Les normes les plus récentes (Euro 6 et Euro 7 en cours de développement) imposent des limites beaucoup plus strictes aux émissions de particules fines, d’oxydes d’azote et de dioxyde de carbone.
La transition vers une mobilité plus durable nécessite une approche globale, combinant des incitations à l’achat de véhicules propres, des restrictions à la circulation des véhicules polluants dans les zones urbaines, et le développement d’infrastructures de recharge adéquates. L’investissement dans les transports en commun et la promotion des modes de déplacement actifs (vélo, marche) sont également essentiels pour réduire la dépendance à la voiture particulière et atteindre les objectifs climatiques de l’Espagne.
L’avenir de la mobilité en Espagne dépendra de la capacité du gouvernement et des acteurs du secteur à surmonter ces obstacles et à accélérer la transition vers un parc automobile plus propre et plus efficace.
