L'Algérie coloniale au tableau

"Nous étions plus nombreux que" les indigènes "quand ils représentaient les sept dixièmes de la population." Les récits de 52 auteurs font revivre leurs années d’études dans l’Algérie coloniale, la plupart du temps en arrière-plan. Les souvenirs sortent des sons, des odeurs, des sensations. La nostalgie n'est jamais loin, à une époque où les enseignants incarnaient la sagesse, où les classes sentaient la craie et l'encre… sous le soleil constant. Ces écoles étaient très différentes de celles de la métropole: juifs, arabes et français vivaient côte à côte sur les mêmes bancs, avant le départ des élèves juifs des écoles, conformément aux directives de Vichy. Certains étudiants français ont vu leurs amis «natifs» disparaître le plus souvent après l'école primaire.
L'école est parfois un rempart pour toutes ces discriminations, joue son rôle d'éducatrice et gomme pendant quelques heures les différences entre les élèves. À d'autres moments, cependant, nous trouvons pour les enfants la prolongation de la société et l'élargissement des inégalités sociales et des stéréotypes: un «français» doit être bon à l'école alors que les autochtones eux-mêmes ne sont pas bons à l'école. "la nature". Ces histoires d’anciens élèves nous font aussi réaliser à quel point l’école a changé. Malgré les variations de narrateurs dans le livre, elle n'est plus vue de la même manière. Certains témoignages confirment les inégalités sociales, religieuses et ethniques caractéristiques de la colonisation. D'autres révèlent des relations, des informations peu connues et mettent en évidence les liens complexes entre les cultures que les écoles peuvent réunir plus ou moins facilement. Mais nous comprenons aussi la merveille de ces années d’apprentissage, ainsi que ce portrait de professeur: "Elle portait une longue jupe comme dans les contes de fées et sa baguette magique était parfois de la craie quand elle écrivait au tableau, parfois la règle de battre la mesure. "

Par l'étudiante Lina Mehdi

Collectif sous la direction de Martine Mathieu-Job à l’école algérienne des années 1930 à l’indépendance bleue environ 368 p., 25 €.

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