Cisjordanie : La récolte des olives, tradition ancestrale, devient zone de conflit et d’expulsions
Si’ir, Cisjordanie – La récolte des olives, pilier économique et culturel palestinien, est cette année le théâtre d’une escalade de la violence et des restrictions imposées par les autorités israéliennes. Des volontaires internationaux, venus soutenir les agriculteurs locaux, sont pris pour cible, accusés de divers motifs fallacieux et expulsés du territoire.
Récemment, un groupe de volontaires a été arrêté et accusé de soutien à une organisation terroriste, d’entrée illégale sur le territoire, de refus de quitter une zone militaire et, ironiquement, de « trouble à l’ordre public ». Ces accusations ont mené à la suspension de leurs visas et à leur expulsion. Ce type d’incident, bien que non systématique jusqu’à présent, se multiplie.En 2024, 15 étrangers avaient déjà subi le même sort.
La situation s’est particulièrement détériorée en octobre dernier, avec des témoignages concordants faisant état d’un blocus militaire accru, notamment dans la région de Si’ir, près d’Hébron (voir photo). Ces restrictions rendent la récolte impractical sur des superficies considérables. L’année dernière, 96 kilomètres carrés d’oliveraies étaient inaccessibles, entraînant une perte économique estimée à 10 millions de dollars.
Un conflit aux racines profondes
La récolte des olives est bien plus qu’une activité agricole en Cisjordanie.Elle représente un moment de rassemblement familial et communautaire, un lien vital avec la terre et une source de revenus essentielle pour de nombreuses familles palestiniennes. Les oliviers eux-mêmes sont souvent centenaires,symboles de résilience et d’attachement à la terre.
cependant, cette tradition est depuis longtemps menacée par la colonisation israélienne et les restrictions imposées aux Palestiniens. Les colons, souvent protégés par l’armée israélienne, s’attaquent régulièrement aux oliviers, les déracinent ou les endommagent, privant ainsi les familles palestiniennes de leurs moyens de subsistance.
Les restrictions de déplacement, les blocages routiers et les zones militaires interdites entravent également l’accès aux oliveraies, rendant la récolte difficile, voire impossible. L’utilisation de ces accusations, comme le soutien au terrorisme, pour justifier l’expulsion de volontaires internationaux soulève des inquiétudes quant à la liberté d’expression et au droit à l’aide humanitaire.
La situation actuelle met en lumière la fragilité de la situation en Cisjordanie et la nécessité d’une protection accrue des droits des Palestiniens, ainsi que de la préservation de leur patrimoine agricole et culturel. La récolte des olives, tradition ancestrale, est devenue un enjeu politique majeur, symbole de la lutte pour la terre et la dignité.
