Plusieurs spectatrices à livrer publiquement leur vécu du cancer du sein mi-octobre à Ensuès-la-Redonne, dans les Bouches-du-Rhône, à l’issue de la représentation de la pièce « Journal d’une colocataire » au Cadran. Après le spectacle, la municipalité avait invité le public à partager son expérience, provoquant des échanges qualifiés de particulièrement poignants.
La scène intime du combat contre la maladie
La comédienne Sophie Clodion y interprète avec pudeur et dérision son propre combat contre la maladie, donnant vie à ce « colocataire » envahissant dont il est difficile de se débarrasser. La mise en scène est assurée par Amélie Améglio, accompagnée d’extraits musicaux signés Raphaël Thoreau-Lassalle.
La parole se libère au Cadran
C’est Fabienne Rémant Dole, adjointe au maire déléguée aux actions sociales, qui a invité le public à prendre la parole après la représentation.
Virginie a accepté de raconter son parcours : « Lorsque le diagnostic du cancer du sein est tombé, après deux années de fatigue persistante, mon existence a basculé, cela a été un véritable choc. Au début, je ne me suis pas rendu compte de ce qui se passait. Il fallait continuer à avancer, malgré la fatigue et les difficultés. »
L’appel européen d’Europa Donna pour le dépistage
Cette libération de la parole locale rejoint les appels lancés à l’échelle européenne. Marzia Zambon, directrice exécutive d’Europa Donna, la plus grande organisation européenne de patientes atteintes d’un cancer du sein, a insisté sur le besoin d’accompagnement le 15 octobre, à l’occasion de la Journée de la santé des seins : « Il devrait y avoir beaucoup plus de littératie en santé partagée avec une femme au moment du diagnostic et beaucoup plus de soutien par la suite. » Elle a également invité les femmes à profiter des dépistages gratuits proposés par leur pays : « Si vous avez la possibilité de faire un dépistage du cancer du sein, gratuitement, offert par votre pays, pourquoi n’y allez-vous pas ? »
Le plan cancer de l’Europe face à la réalité
35 % des cas de cancer peuvent être prévenus grâce à de meilleurs choix de mode de vie ou au dépistage et à la détection précoce, selon l’entretien publié par la Commission européenne.
Marzia Zambon a rappelé la réalité de l’après-diagnostic : « Vous revenez à votre vie, mais ce n’est plus vraiment votre vie. C’est pourquoi l’accompagnement des personnes vivant avec un cancer du sein est si important. » L’Union européenne agit via le Plan européen de lutte contre le cancer, qui prévoit notamment que 90 % des groupes cibles aient accès à des dépistages de qualité. Interrogée sur la priorité, la directrice d’Europa Donna a répondu : « Mettre en œuvre le plan cancer de l’Europe. Les papiers sont faits, maintenant il est temps de passer au travail concret. »
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