La France résiste mieux que l'Allemagne au ralentissement économique

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Le risque de récession plane sur l’économie allemande. Celle de la France, moins ouverte au commerce international, résiste mieux aux incertitudes externes.

Par Marie Charrel Publié aujourd'hui à 04h02, Mis à jour à 06h44

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Vue aérienne de conteneurs sur le port de Hambourg (Allemagne), 1er août 2018.
Vue aérienne de conteneurs sur le port de Hambourg (Allemagne), le 1er août 2018. FABIAN BIMMER / REUTERS

Cela augure bien pour le retour économique du gouvernement. Après un G7 jugé diplomatique réussi, la série d'enquêtes, publiée mardi 27 août par l'INSEE, a de quoi prêter à un optimisme relatif, du moins compte tenu des incertitudes généralisées qui règnent sur la scène internationale. À l'exception du commerce de détail, où il a reculé, le climat des affaires mesuré par les chefs d'entreprise est resté stable en août dans la plupart des secteurs, à un niveau supérieur à sa moyenne historique. De même, la confiance des ménages s'est stabilisée à son plus haut niveau depuis fin 2017.

Certes, les carnets de commandes industriels sont faibles et les chefs d’établissement ont réduit de cinq points leurs prévisions d’investissement pour 2019 par rapport à avril. Mais ils prévoient toujours de les augmenter de 6% sur l’année. "En d'autres termes: ils n'ont pas sombré dans le désastre, ce qui contraste avec ce que l'on observe dans le reste de l'Europe", déclare Philippe Waechter, économiste en chef chez Ostrum AM. "Ce n'est pas flamboyant, mais si l'économie de nos trois principaux partenaires – l'Italie, l'Allemagne et le Royaume-Uni – a stagné ou s'est contractée entre avril et juin, la France va un peu mieux", ajoute Mathieu Plane, de l'Observatoire français des conditions économiques (OFCE).

La situation en Allemagne est préoccupante

En fait, la situation en Allemagne est particulièrement préoccupante. Confronté à des tensions commerciales, le moral de ses entrepreneurs a atteint son plus bas niveau depuis la fin du mois d'août 2012, selon l'enquête publiée par l'Institut Ifo le lundi 26 août. Pire encore, l’industrie germanique est presque au point mort, alourdie par les nouvelles normes écologiques de l’automobile chinoise et par son ralentissement. "Les derniers chiffres suggèrent que la décennie d'or de l'Allemagne est terminée"Carsten Brzeski, économiste chez ING à Francfort, s’inquiète.

Au deuxième trimestre, son produit intérieur brut (PIB) a diminué de 0,1%, affecté par la chute des importations (-1,3%), tandis que celui de la France a augmenté de 0,2%. Et l'écart devrait encore se creuser dans les prochains mois: pour l'ensemble de l'année 2019, la croissance allemande ne devrait guère dépasser 0,5%, selon la Commission européenne, contre 1,3% de ce côté du Rhin …

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