Cisjordanie : Israël prépare la construction massive d’une colonie menaçant la viabilité d’un État palestinien
Jérusalem – Des travaux préparatoires à la construction d’environ 3 400 logements dans la zone E1, un secteur stratégique de Cisjordanie situé entre Jérusalem et la colonie israélienne de Maale Adumim, sont imminents. L’annonce, qui intervient dans un contexte de tensions exacerbées par la guerre à gaza, suscite une vive inquiétude internationale quant à l’avenir de la solution à deux États.
Le plan, soutenu par le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, vise à développer une zone considérée comme cruciale pour la connectivité territoriale palestinienne entre le nord et le sud de la cisjordanie occupée. selon l’ONG israélienne Peace now, qui suit de près les activités de colonisation, les travaux d’infrastructure pourraient débuter dans les prochains mois, suivis du développement résidentiel dans environ un an.
Cette initiative est perçue comme une tentative de diviser physiquement la Cisjordanie en deux, compromettant irrémédiablement la possibilité d’établir un État palestinien viable et contigu. Le secrétaire général de l’ONU,Antonio Guterres,a déjà dénoncé ce projet comme une menace existentielle pour l’avenir de la Palestine.
La construction de colonies israéliennes en Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967, est illégale au regard du droit international, même avec l’approbation des autorités israéliennes. Cette situation est régulièrement condamnée par la communauté internationale.
Contexte et enjeux historiques :
la zone E1 est un point névralgique depuis des décennies. Sa construction bloquerait la création d’un corridor territorial reliant Jérusalem-Est, revendiquée par les Palestiniens comme capitale de leur futur État, au reste de la Cisjordanie. La colonisation en Cisjordanie, commencée dans les années 1970, a connu une accélération ces dernières années, alimentant un cycle de violence et d’instabilité.
Actuellement, la Cisjordanie abrite environ trois millions de Palestiniens et plus de 500 000 colons israéliens. Les appels à l’annexion de la région par des ministres israéliens de droite se multiplient, exacerbant les tensions et rendant la viewpoint d’une solution négociée de plus en plus improbable.
Réactions internationales :
Face à cette situation, plusieurs gouvernements occidentaux, dont la Grande-Bretagne et la France, envisagent de reconnaître l’État palestinien aux Nations unies. La Grande-Bretagne a conditionné cette reconnaissance à l’approbation d’un cessez-le-feu dans la guerre de Gaza par Israël. cette démarche, bien que symbolique, témoigne d’une pression internationale croissante sur Israël pour qu’il revienne sur sa politique de colonisation et s’engage dans un processus de paix crédible.
