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La collection privée du dessinateur F’Murrr entre dans les collections nationales

by Nouvelles

La dation des héritiers de l’auteur, décédé en 2018, comporte 238 dessins et illustrations. Une première pour la bande dessinée.

Le 10 avril 2018, le dessinateur F’Murrr, de son vrai nom Richard Peyzaret, connu notamment pour sa série Le Génie des Alpages, décédait à l’âge de 72 ans. Il laisse un patrimoine inestimable qui continuera de transporter bon nombre de générations de lecteurs dans un univers poétique et décalé.

Les frais trop élevés de cette succession et le souci de préserver l’œuvre de ce pilier de Pilote ont incité ses deux sœurs héritières à solliciter l’État, raconte Le Monde . Planches, couvertures d’albums, illustrations, croquis préparatoires… Le dessinateur a conservé plus d’un millier de dessins et illustrations dans son appartement parisien. Les planches sont estimées entre 1000 et 2000 euros sur le marché. « Les droits de mutation étaient élevés, avec un actif supérieur à 300.000 euros. Il y avait un vrai risque que les héritières refusent la succession car elles n’avaient pas les moyens de payer », précise au Monde Alexis Fournol, avocat spécialiste du monde de l’art. L’idée d’une dation à l’État s’impose, permettant de régler une dette fiscale en cédant à l’État des œuvres considérées comme dignes d’entrer dans le cercle des collections nationales. C’est une première. La bande dessinée n’avait jusqu’alors jamais fait l’objet d’une telle initiative.

Les héritières ont ainsi proposé de léguer 238 originaux et autres documents à l’État, pour un prix estimé à 228.000 euros par Eric Dumeyniou, commissaire-priseur judiciaire au sein de la maison d’enchères Aponem. La dation a été acceptée par l’État en février 2020, et aujourd’hui le mystère demeure sur l’institution publique qui aura la charge de les préserver.

Légitimation

Si les ayants droit ont manifesté le souhait que ses œuvres soient partagées entre la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (CIBDI) d’Angoulême, pour les planches, et le Musée Tomi-Ungerer de Strasbourg, pour les illustrations et dessins de presse, ces deux institutions ne sont pas publiques. Cela expliquerait, une certaine lenteur dans la progression du dossier. Selon Le Monde, le ministère de la Culture pourrait développer un montage hybride où un établissement public aurait la cession des originaux de F’Murrr, qui seraient déposés à la Ville d’Angoulême et au musée Ungerer à Strasbourg.

L’acceptation du legs conjointe par le ministère de la Culture et celui de l’Économie et des Finances, (qui en a validé le montant) vaut son pesant d’or dans le landerneau de la bande dessinée. Elle assure au neuvième art un nouveau pas dans sa légitimation. En rejoignant ses copains de la bande à Pilote, Entrez Gotlib, Guy Vidal ou René Goscinny, F’Murrr et son humour décalé ont gagné la prestigieuse sphère des collections nationales.

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