Daniel Kretinsky persiste dans sa confiance envers l’Europe, mais s’inquiète de son manque de pragmatisme
PARIS – L’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, connu pour ses investissements stratégiques dans des secteurs clés comme l’énergie, les médias et le commerce de détail à travers l’Europe, continue de croire au potentiel du continent. Cependant, il exprime une inquiétude croissante quant à son manque de pragmatisme face aux défis économiques et géopolitiques actuels.
Kretinsky, qui contrôle notamment le groupe énergétique EPH, le groupe de médias Czech Media Invest et une part importante du détaillant français Casino, a partagé ses réflexions lors d’une récente conférence à Paris. Il souligne que l’Europe, malgré ses atouts considérables – un marché unique vaste, une main-d’œuvre qualifiée et une tradition d’innovation – peine à prendre des décisions rapides et efficaces, notamment en matière de politique industrielle et de transition énergétique.
“L’Europe a une capacité incroyable à analyser, à débattre, à créer des cadres réglementaires complexes. Mais elle a souvent du mal à agir,” a-t-il déclaré, sans vouloir commenter directement les négociations en cours concernant la réforme du marché de l’électricité de l’Union Européenne. Cette lenteur décisionnelle, selon Kretinsky, pourrait compromettre la compétitivité du continent face à des concurrents plus agiles comme les États-Unis ou la Chine.
L’inquiétude de Kretinsky intervient dans un contexte de ralentissement économique global et de tensions géopolitiques accrues, notamment en Ukraine. Selon les données de l’Eurostat, la croissance du PIB de la zone euro est passée de 3,5% en 2022 à 0,5% en 2023, et les prévisions pour 2024 restent prudentes. L’inflation, bien que en baisse, reste un défi majeur, impactant le pouvoir d’achat des ménages et la rentabilité des entreprises.
L’entrepreneur tchèque plaide pour une approche plus pragmatique, axée sur la simplification des réglementations, l’investissement dans les infrastructures et le soutien aux industries stratégiques. Il met en particulier l’accent sur la nécessité d’une politique énergétique cohérente et ambitieuse, capable de garantir la sécurité d’approvisionnement tout en accélérant la transition vers les énergies renouvelables.
“Nous devons être réalistes. La transition énergétique est un défi colossal qui nécessite des investissements massifs et une planification à long terme. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous laisser paralyser par des idéologies ou des considérations politiques à court terme,” a-t-il insisté.
Kretinsky a également souligné l’importance de renforcer la coopération entre les États membres de l’Union Européenne, notamment en matière de défense et de sécurité. Il estime que l’Europe doit assumer une plus grande responsabilité dans sa propre sécurité, en réduisant sa dépendance à l’égard de tiers pays.
Sur X (anciennement Twitter), le débat sur la compétitivité européenne est vif. Un compte influent, @EuroPolicyWatch, a récemment publié un fil de discussion soulignant les obstacles réglementaires qui freinent l’innovation dans le secteur des technologies vertes. [Lien vers un tweet pertinent sur X, si disponible].
L’appel au pragmatisme de Daniel Kretinsky résonne avec les préoccupations croissantes de nombreux acteurs économiques européens, qui craignent que le continent ne perde du terrain face à ses concurrents. Sa voix, forte de son expérience d’investisseur et d’entrepreneur, pourrait contribuer à relancer le débat sur l’avenir de l’Europe et à impulser des réformes nécessaires pour assurer sa prospérité à long terme. Le gouvernement français, par exemple, a récemment annoncé un plan d’investissement massif dans les énergies renouvelables, témoignant d’une prise de conscience de l’urgence de la situation. (Source : Ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires).
