« Kokuho » : L’ascension et les tourments d’une amitié au cœur du théâtre kabuki japonais
LOS ANGELES – Le film japonais « Kokuho », littéralement « trésor national », s’est imposé comme un phénomène culturel au Japon, devenant le plus grand succès du box-office en prises de vues réelles de l’histoire du pays. Réalisé par Sang-il Lee, ce drame épique de près de trois heures explore les complexités de l’ambition, de l’amitié et du prix à payer pour la grandeur artistique, le tout à travers le prisme fascinant du théâtre kabuki.
L’histoire débute en 1964 à Nagasaki, où Kikuo, un jeune garçon de 14 ans, impressionne Hanjiro, une légende du kabuki, lors d’une représentation du Nouvel An. Orphelin suite au meurtre de son père, un chef yakuza, Kikuo est pris sous l’aile de Hanjiro, qui voit en lui un potentiel exceptionnel. Il est alors initié, avec Shunsuke, le fils de Hanjiro, à l’art exigeant du onnagata – les acteurs masculins interprétant des rôles féminins dans le kabuki.
Le film suit l’évolution de ces deux jeunes hommes sur cinq décennies, les montrant se rapprocher puis s’éloigner, leurs personnalités divergentes exacerbées par la compétition et les pressions du monde du kabuki. Kikuo, naturellement doué, est handicapé par son origine sociale, issue du milieu criminel. Shunsuke, quant à lui, bénéficie du prestige familial, mais peine à atteindre le niveau technique de son ami.
« Kokuho » ne se contente pas de raconter une histoire de rivalité. Il offre une plongée immersive dans l’univers du kabuki, un art théâtral japonais caractérisé par ses costumes somptueux, son maquillage élaboré (dont les nuances de blanc et de rouge ont valu une nomination aux Oscars) et ses mouvements chorégraphiés précis. Le film illustre généreusement des extraits de pièces kabuki, accompagnés de sous-titres explicatifs, permettant au spectateur de mieux comprendre le contexte et la signification de ces performances.
Le réalisateur Lee explore avec nuance les thèmes de la persévérance, du sacrifice et de la quête de la perfection. Il déconstruit l’idée du « trésor national », soulignant que la reconnaissance artistique ne garantit pas le bonheur ou l’épanouissement personnel. Les personnages de Kikuo et Shunsuke sont complexes et imparfaits, confrontés à des scandales sexuels, des trahisons et des épreuves de santé, mais leur détermination à poursuivre leur passion reste intacte.
Ryo Yoshizawa et Ryusei Yokohama livrent des performances remarquables dans les rôles des Kikuo et Shunsuke adultes, apportant une tendresse et une authenticité à leurs personnages. Ken Watanabe, dans le rôle de Hanjiro, incarne la figure du mentor exigeant mais bienveillant.
« Kokuho » est un mélodrame captivant qui offre une réflexion profonde sur la nature de l’art, de l’amitié et de l’ambition. Le film, qui sortira en salles le 20 février en version sous-titrée, est une invitation à découvrir la richesse et la complexité du théâtre kabuki, et à s’interroger sur le véritable sens de la grandeur.
Informations pratiques :
- Titre original : Kokuho
- Réalisateur : Sang-il Lee
- Durée : 2 heures 54 minutes
- Sortie : 20 février (en salles)
- Langue : Japonais (sous-titres)
- Statut : Non classé
