Trump envisage une occupation de l’île de Kharg, pilonnée par l’armée américaine, pour faire pression sur l’Iran
DU GOLFE PERSIQUE – Alors que les prix à la pompe atteignent des sommets historiques, l’administration Trump étudie sérieusement l’envoi de troupes américaines pour occuper l’île de Kharg, principal hub d’exportation pétrolière de l’Iran. Cette initiative, qui comporte des risques considérables pour les soldats américains, vise à donner à la Maison Blanche un levier de négociation avec Téhéran.
L’île de Kharg, un étroit lopin de terre de huit kilomètres de long situé à l’entrée du détroit d’Ormuz, est cruciale pour l’économie iranienne. Selon des analystes, sa prise de contrôle pourrait changer la donne dans les relations entre les États-Unis et l’Iran.
Quelque 2 200 Marines américains, basés à Okinawa, au Japon, sont actuellement en route vers le Moyen-Orient à bord de l’USS Tripoli, un navire amphibie capable de transporter des avions de chasse F-35, des hélicoptères et des aéronefs MV-22 Osprey. L’unité, la 31e unité d’intervention marine, devrait arriver dans la région du Golfe dans les prochains jours.
L’USS Tripoli, long de 259 mètres, est une véritable base militaire flottante. Les Marines à bord sont entraînés à établir rapidement une présence sur terre. Une opération amphibie sur l’île de Kharg impliquerait l’escorte de l’unité par des destroyers de l’US Navy, chargés d’assurer une protection anti-missiles et anti-drones. Des avions de l’US Air Force et des hélicoptères Apache de l’armée américaine pourraient également être déployés pour renforcer la sécurité des Marines.
Le détroit d’Ormuz, point de passage vital pour le commerce mondial, est devenu un point de tension majeur. Des rapports indiquent que l’Iran aurait commencé à y poser des mines, compliquant les opérations navales et commerciales. L’US Navy se prépare à des opérations de déminage, pour lesquelles elle est, selon certains experts, insuffisamment équipée.
Si l’île de Kharg était effectivement saisie, son maintien nécessiterait probablement le déploiement de forces américaines supplémentaires, estiment des analystes. L’administration Trump envisage ainsi l’envoi de milliers de soldats supplémentaires, qui pourraient être chargés d’occuper l’île, de sécuriser les abords du détroit d’Ormuz ou de protéger le trafic maritime.
L’opération serait cependant périlleuse. L’île de Kharg, située à une vingtaine de kilomètres des côtes iraniennes, est à portée des missiles et des drones de Téhéran. "Toute opération visant à ouvrir le détroit – dont celle-ci ferait partie – serait une opération de combat majeure", a déclaré le colonel à la retraite Mark Cancian, conseiller principal en défense au Center for Strategic and International Studies. "Il y aura des pertes américaines, car les Iraniens riposteront. Nous ne savons pas à quel point ils seront efficaces, mais nous savons qu’ils le feront."
La semaine dernière, l’armée américaine a mené une campagne de bombardements sur plus de 90 cibles sur l’île de Kharg. Le président Trump a qualifié cette opération de "l’une des frappes les plus puissantes de l’histoire du Moyen-Orient", affirmant qu’elle avait "totalement anéanti toutes les cibles militaires" sur l’île. Il a toutefois précisé qu’il avait choisi, "par décence", de ne pas détruire les infrastructures pétrolières, ajoutant qu’il le ferait si l’Iran venait à entraver le passage des navires dans le détroit.
Le sénateur républicain Lindsey Graham a salué cette frappe, la qualifiant de "cible unique" qui pourrait "modifier considérablement l’issue du conflit".
