Ric Grenell quitte la direction du Kennedy Center, Trump poursuit sa refonte controversée
WASHINGTON (AP) — Après seulement treize mois de mandat tumultueux, Ric Grenell, l’allié de l’ancien président Donald Trump, quittera son poste de président du Kennedy Center. Son départ, annoncé jeudi, intervient alors que le prestigieux centre des arts se prépare à une fermeture de deux ans pour d’importants travaux de rénovation, une initiative fortement impulsée par Trump.
L’annonce du départ de Grenell, qualifiée par certains d’« épisode de mauvaise passe » pour l’institution, coïncide avec la nomination de Matt Floca, actuel vice-président aux installations, au poste de directeur général et de chef de la direction. Floca, qui a débuté au Kennedy Center sous l’administration Biden, est devenu un interlocuteur privilégié de Trump pour les changements souhaités par l’ancien président, notamment la rénovation des sièges de l’opéra.
Depuis son arrivée, Grenell a été au centre de nombreuses controverses. Trump avait nommé un conseil d’administration fidèle qui a ensuite voté pour l’ajout du nom de Trump au Kennedy Center, une décision qui a suscité l’indignation. L’annonce en février dernier de la fermeture du bâtiment pour deux ans de travaux a également provoqué un tollé.
Grenell s’est souvent exprimé avec véhémence sur les réseaux sociaux pour défendre ces décisions, ce qui lui a valu de vives critiques. Une source proche de la programmation du centre a souligné que son départ « retire la politique du devant de la scène », notant qu’un expert en bâtiment prend désormais les rênes, alors que le centre se prépare à une longue période de fermeture et de travaux.
L’arrivée de Grenell avait marqué un tournant pour le Kennedy Center, avec une augmentation des programmes à thème chrétien, des locations d’espaces à des groupes de droite, comme la Conférence d’action politique conservatrice (CPAC), et des événements alignés sur les priorités de l’administration Trump, notamment un forum d’investissement saoudien.
Malgré les affirmations de Grenell concernant une amélioration de la situation financière du centre, une analyse du Washington Post a révélé une chute des ventes de billets. Plusieurs artistes de renom, dont le banjoïste Béla Fleck et le compositeur Philip Glass, ont annulé leurs dates au Kennedy Center en signe de protestation contre la direction actuelle. L’Opéra national de Washington a également quitté l’institution.
La représentante Joyce Beatty, démocrate de l’Ohio et membre ex officio du conseil d’administration, a intenté une action en justice pour tenter de bloquer la fermeture du centre.
Trump a partagé sur son réseau social Truth Social des images du « nouveau Kennedy Center TRUMP, grandement amélioré », qui ne semblent pas impliquer une refonte radicale du bâtiment.
Selon des sources proches de l’administration, Trump aurait fini par être frustré par la couverture médiatique négative entourant la refonte du Kennedy Center. Grenell conservera un rôle de consultant non rémunéré au sein de l’organisation.
L’avenir de l’Orchestre national symphonique, qui cherche un nouveau lieu pour les deux prochaines années, reste incertain. De même, le sort des tournées de Broadway déjà programmées et le lieu des Kennedy Center Honors, qui avaient été organisés et animés par Trump l’année dernière, sont encore inconnus.
