À l’issue d’une réunion bilatérale tenue ce jeudi à Santiago, le président chilien José Antonio Kast et son homologue argentin Javier Milei ont réaffirmé par un communiqué conjoint la souveraineté totale du Chili sur le détroit de Magellan, scellant l’affaire sur la base des traités de 1881 et de 1984.
Les présidents du Chili et de l’Argentine ont clos les récentes frictions diplomatiques lors d’une rencontre de travail au palais de La Moneda. Cette première visite officielle de Javier Milei à Santiago en tant que président s’est conclue par la réaffirmation formelle de la souveraineté chilena sur la totalité du détroit de Magellan, en s’appuyant strictement sur les textes fondamentaux qui régissent les frontières australes.
Les traités de 1881 et 1984 au centre du cadre juridique
Ces accords revêtent un caractère définitif pour les deux États, selon les termes de la déclaration conjointe.
Cette mise au point intervient après des déclarations formulées la semaine précédente par le brigadier général Gustavo Valverde, chef de la Fuerza Aérea Argentina, qui avait évoqué le détroit sous l’angle de la souveraineté de son propre pays, provoquant une note de protesta de la part de l’exécutif chilien. L’opposition et l’officiel chilien avaient également soulevé la question du décret 457, signé en 2021 sous l’administration d’Alberto Fernández, qui qualifiait la zone d’intérêt stratégique à contrôle partagé. Bien que le ministre de la Défense Fernando Barros ait indiqué qu’un texte modificatif préparé dès le mois de mars attendait la signature de Javier Milei, le président argentin a finalement écarté toute exigence de modification formelle lors de son séjour à Santiago, estimant que les traités existants suffisaient à clarifier la situation.
Soutien chilien aux revendications sur les îles Malouines
En contrepartie de cette reconnaissance claire du statut du détroit, le chef de l’État chilien a réitéré le soutien traditionnel de son gouvernement aux droits souverains de l’Argentine sur les Islas Malvinas, les Georgias del Sur, les Sandwich del Sur et les espaces maritimes environnants.

Santiago a ainsi plaidé pour la reprise des pourparlers diplomatiques entre Buenos Aires et le Royaume-Uni afin de parvenir à un règlement pacifique et définitif sous l’égide des résolutions de l’Organisation des Nations Unies. De son côté, le locataire de la Casa Rosada a exprimé sa gratitude pour cet appui historique réitéré par le Chili dans le dossier de l’Atlantique Sud.
Sécurité, minería et le cas d’extradition de Galvarino Apablaza
Au-delà du contentieux austral, les deux délégations ont élargi leur ordre du jour à la coopération économique et sécuritaire. Les dirigeants ont validé l’avancement des protocoles additionnels spécifiques liés au Tratado de Integración y Complementación Minera, destinés à impulser des projets binationaux d’envergure, tout en saluant la position de l’Argentine comme fournisseur fiable d’hydrocarbures pour le marché chilien.

La lutte contre le crime organisé transfrontalier a également fait l’objet d’un engagement partagé à travers l’adhésion au Compromiso Regional de Santiago. Par ailleurs, la UDI avait instamment demandé d’inscrire à l’agenda le dossier judiciaire de Galvarino Apablaza, recherché depuis 35 ans par la justice chilienne pour son implication présumée dans l’assassinat du sénateur Jaime Guzmán en 1991. Les autorités chiliennes ont pris acte et valoré le engagement formel pris par l’administration argentine pour concrétiser l’arrestation et l’extradition du suspect dans les plus brefs délais.
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