L’Italie participera à la première réunion du conseil pour la paix à Gaza, malgré les réserves européennes
Washington – L’Italie participera à la première réunion du “Board of Peace” pour Gaza, une initiative promue par l’ancien président américain Donald Trump, en tant que pays observateur. L’annonce intervient malgré les réserves exprimées par certains pays européens et les interrogations soulevées par l’opposition italienne quant à la nature de cet organisme.
La Première ministre Giorgia Meloni n’a pas exclu la possibilité de se rendre personnellement à Washington pour cette réunion, où Trump devrait dévoiler un plan de reconstruction multimilliardaire pour la bande de Gaza jeudi. Cependant, elle pourrait déléguer la représentation italienne à son ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, ou à un autre membre du gouvernement de rang inférieur, à l’instar de l’Union européenne qui enverra la commissaire au Méditerranée, Dubravka Suica.
La participation italienne, même en tant qu’observateur, est perçue comme une tentative de ne pas s’isoler d’une initiative qui pourrait avoir un impact significatif sur la reconstruction de Gaza. “Il n’est pas intelligent de s’auto-exclure”, a souligné Meloni, tout en reconnaissant les “problèmes constitutionnels” liés à la structure du conseil, notamment les exigences financières pour une adhésion permanente.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l’Europe et les États-Unis, comme l’a souligné le chancelier allemand Friedrich Merz, pointant un “divécart” entre les deux continents. Meloni a cependant cherché à minimiser ces divergences, affirmant que l’Europe doit renforcer sa sécurité et sa colonne vertébrale au sein de l’OTAN, tout en se montrant prudente quant aux critiques envers la culture “MAGA” associée à Trump.
La participation italienne est également justifiée par l’engagement de Rome au Moyen-Orient. “Avec tout le travail que l’Italie a fait, fait et doit faire au Moyen-Orient pour stabiliser une situation très complexe et fragile, une présence italienne et européenne est nécessaire”, a insisté Meloni.
L’opposition italienne, menée par le Parti démocrate (PD) et Avs, a critiqué cette initiative, la qualifiant de “buffonade” et exprimant des inquiétudes quant à la nature “d’affaire” du conseil. Ils demandent que toute participation soit soumise à l’approbation du Parlement.
La réunion de Washington devrait réunir une vingtaine de délégations, avec une forte pression américaine pour assurer la participation européenne. Outre l’Italie, la Turquie et la Hongrie, représentée par Viktor Orban, devraient également être présentes. La Russie, en revanche, a annoncé qu’elle n’enverrait pas de représentants.
Les États-Unis et les Émirats arabes unis ont promis une contribution de plus d’un milliard de dollars, une somme qui garantirait l’adhésion permanente au conseil. Cet aspect financier est au cœur des préoccupations italiennes, en raison de son incompatibilité potentielle avec la constitution italienne.
Dans son discours devant l’Union africaine à Addis-Abeba, Meloni a réaffirmé l’engagement de l’Italie envers le dialogue et la coopération internationale, soulignant la “propension au dialogue” qui fait partie de l’ADN du pays. Elle a également évoqué le “Plan Mattei”, une initiative italienne visant à renforcer les partenariats avec les pays africains.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a également appelé à une action urgente pour lever les obstacles à la reconstruction de Gaza, dénonçant la mort de 500 Palestiniens depuis le cessez-le-feu.
La décision finale de l’Italie sera prise après des consultations avec d’autres leaders européens, dans le cadre d’une évaluation approfondie des enjeux et des implications de cette initiative controversée.
