Dimanche 17 mai 2026, Cardiff – L’Italie a infligé une nouvelle défaite humiliante à l’Écosse du Pays de Galles, scellant leur huitième revers consécutif en match international, un record historique dans leur histoire de 39 ans. Pour la quatrième fois en quatre éditions du Tournoi des Six Nations, les Azzurri ont dominé, laissant le XV du Dragon rouge en lambeaux et sous pression pour Sean Lynn, dont l’avenir est désormais remis en question.
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Un record à effacer d’urgence
Le scénario était connu, mais son ampleur a choqué. Pour la troisième fois en trois ans, l’Italie a écrasé le Pays de Galles lors de la dernière journée du Tournoi des Six Nations, un match sans enjeu sportif mais lourd de conséquences psychologiques. Avec une victoire 38 à 12 à Cardiff Arms Park, les Azzurri ont non seulement évité un nouveau Wooden Spoon (la cuillère de bois, symbole de la dernière place), mais ils ont surtout enterré les espoirs de rédemption de l’équipe galloise, désormais sur une série de huit défaites consécutives en Test match – un record absolu depuis leur premier match officiel en 1987.
Seul espoir pour le Pays de Galles : en 2023, une tentative de Sisilia Tuipulotu à la 79ᵉ minute avait sauvé une mi-temps perdue (23-18). Cette année, aucune résurrection n’a eu lieu. L’Italie, dirigée par un Kieran Crowley en pleine forme, a dicté un rythme implacable, exploitant les faiblesses défensives d’un Pack gallois désorganisé et une mêlée incapable de résister aux charges italiennes. À l’image de leur performance en 2025 à Parme (défaite 45-10, leur pire score de l’histoire), les Gallois ont été submergés par un jeu collectif plus abouti et une agressivité physique redoutable.
Pour l’Italie, cette victoire consacre une montée en puissance spectaculaire depuis 2023. Arrivés en favorisables à Cardiff – une première dans l’histoire récente du Tournoi –, les Azzurri ont prouvé qu’ils n’étaient plus les éternels outsiders. Leur pack, renforcé par des joueurs comme Michele Lamaro (ex-Lion) et Luca Morisi, a dominé les phases statiques, tandis que leur demi de mêlée, Giacomo Pettinari, a orchestré des attaques fulgurantes. Le dernier quart d’heure, marqué par trois essais italiens, a scellé le sort d’une équipe galloise déjà en lambeaux après une série de défaites contre l’Angleterre, la France, l’Écosse et l’Irlande.
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Sean Lynn sous le feu des critiques
La défaite a précipité une crise sans précédent autour de Sean Lynn, sélectionneur du Pays de Galles depuis 2021. Après deux campagnes désastreuses (2024 : Wooden Spoon ; 2025 : deuxième Wooden Spoon de l’histoire), la pression sur le technicien gallois était déjà maximale. Aujourd’hui, elle est devenue insoutenable.
Dans un communiqué publié samedi soir, la Welsh Rugby Union (WRU) a rappelé que Lynn était « sous contrat jusqu’en 2027 », mais les médias locaux évoquent déjà des négociations en coulisses pour un départ anticipé. Des sources proches du staff technique ont confié à *BBC Sport Wales* que le sélectionneur serait sommé de présenter un plan de redressement d’ici l’automne 2026, sous peine de voir son avenir remis en question avant même le Tournoi de l’automne.
Le problème ? Le Pays de Galles n’a plus gagné un seul match depuis le 26 août 2023 (victoire 28-18 contre les Fidji à Cardiff). Une série de 14 matchs sans victoire (dont 13 défaites) a été brisée en 1993 par un match nul contre l’Irlande. Aujourd’hui, le record de huit défaites d’affilée est pire que tout ce qu’avait connu le XV du Dragon rouge.
Pourtant, Lynn dispose encore d’arguments : son équipe a montré des éclats de créativité (notamment avec des joueurs comme Alun Wyn Jones en fin de carrière, ou Adam Warren en ouverture), mais ces moments de génie sont noyés dans une instabilité défensive chronique. La WRU, confrontée à des désengagements de sponsors et à une baisse de fréquentation dans les stades, ne peut plus se permettre de tels échecs. D’où l’urgence d’une réorientation stratégique – soit en licenciant Lynn, soit en lui accordant un budget et des moyens inédits.
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L’Italie, nouvelle puissance du rugby européen ?
Si le Pays de Galles sombre, l’Italie, elle, s’envole. Avec cette victoire, les Azzurri ont évité un deuxième Wooden Spoon consécutif (2025) et confirmé leur statut de troisième force du Tournoi, derrière l’Angleterre et la France. Leur parcours en 2026, marqué par des victoires contre l’Écosse et l’Irlande, a prouvé que leur rugby était désormais compétitif à tous les niveaux.
Plusieurs facteurs expliquent cette ascension :
– Un recrutement ciblé : L’arrivée de joueurs formés en Europe (comme Michele Lamaro, ex-Lion, ou Luca Morisi, ex-Toulouse) a apporté une expérience internationale cruciale.
– Une identité de jeu claire : Sous Kieran Crowley, l’Italie a développé un style basé sur la rapidité, les rucks organisés et une défense agressive, loin du rugby désordonné des années 2010.
– Un engagement sans faille : Contrairement à d’autres nations, l’Italie a maintenu un groupe professionnel même en dehors des fenêtres de Test, avec des stages réguliers et une préparation physique irréprochable.
Pour autant, les défis restent immenses. Les Azzurri devront confirmer en 2027, année où ils accueilleront le Tournoi à domicile pour la première fois depuis 2011. Leur objectif ? Se qualifier pour la Coupe du Monde 2027 (où ils sont déjà présents) et faire mieux que leur 11ᵉ place en 2023. Une performance contre la France ou l’Angleterre lors des prochains matchs serait un signe fort de leur progression.
Une chose est sûre : plus personne ne pariera contre l’Italie. Même les Gallois, hier invincibles, ont dû s’incliner. Et cette réalité, aussi douloureuse soit-elle, pourrait bien redéfinir l’équilibre du rugby européen.
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Et maintenant ?
Pour le Pays de Galles, la route sera longue. La WRU a déjà annoncé un rapport interne sur les causes de cette crise, avec des audits sur la formation des jeunes, la gestion des effectifs et la stratégie tactique. Des noms circulent déjà pour remplacer Lynn : Wayne Pivac (ex-Australie) et Gareth Jenkins (ancien joueur gallois) seraient en pole position.
Côté italien, l’enjeu est différent : pérenniser cette dynamique. Après le Tournoi, les Azzurri affronteront l’Afrique du Sud en juin 2026 (série de trois matchs), un test crucial pour évaluer leur niveau. Une victoire, même symbolique, contre les Springboks serait un message clair à l’Europe : l’Italie est désormais une nation à part entière.
Une certitude : personne ne pleurera pour le Pays de Galles. Mais pour le rugby, cette journée du 17 mai 2026 marquera un tournant. L’ère où l’Italie était un faire-valoir est terminée. Et si le Dragon rouge doit se reconstruire, les Azzurri, eux, ont enfin trouvé leur voie.
