Microsoft sous pression pour son rôle dans le conflit israélo-palestinien
Gaza – Des organisations de défense des droits de l’homme mettent la pression sur Microsoft pour qu’elle clarifie son rôle dans le conflit israélo-palestinien, notamment en ce qui concerne l’utilisation de ses technologies par l’armée israélienne. Une lettre commune, signée par plusieurs groupes, accuse Microsoft de ne pas avoir suffisamment évalué les risques liés aux violations des droits de l’homme dans la région.
Selon les estimations, plus de 20 000 enfants palestiniens auraient été tués dans les bombardements de Gaza, et la majorité des infrastructures civiles – écoles, hôpitaux, habitations – ont été détruites. Les organisations soulignent que Microsoft s’est publiquement engagée à respecter les Principes directeurs des nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, qui imposent aux entreprises la responsabilité d’éviter de contribuer à des violations des droits de l’homme.
Jusqu’à récemment, Microsoft n’avait pas publiquement indiqué avoir renforcé sa diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, ni avoir pris des mesures pour limiter ses relations commerciales avec les autorités israéliennes afin de prévenir de potentielles violations. En mai 2025, une évaluation commandée par Microsoft a conclu qu’il n’existait “aucune preuve à ce jour” que ses technologies Azure et d’intelligence artificielle aient été utilisées pour cibler ou nuire à des personnes à Gaza.
Cependant, les groupes de défense des droits de l’homme estiment que cette évaluation est insuffisante et demandent à Microsoft de clarifier la portée de son examen actuel et la manière dont elle applique ses propres politiques concernant l’utilisation responsable de l’IA dans un contexte de conflit armé.
“Il n’y a pas de temps à perdre. Microsoft doit prendre des mesures décisives pour s’assurer qu’elle ne profite pas des graves violations des droits humains des Palestiniens”, a déclaré un porte-parole des organisations.
Contexte et enjeux plus larges :
Le rôle des entreprises technologiques dans les conflits armés est un sujet de débat croissant. Les technologies d’intelligence artificielle, de surveillance et de communication peuvent être utilisées à des fins militaires, soulevant des questions éthiques et juridiques complexes. La responsabilité des entreprises dans la prévention des violations des droits de l’homme, en particulier dans les zones de conflit, est un principe de plus en plus reconnu au niveau international. Les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, auxquels Microsoft adhère, constituent un cadre de référence pour les entreprises souhaitant intégrer les droits de l’homme dans leurs activités. La transparence et la diligence raisonnable sont des éléments clés pour garantir que les entreprises ne contribuent pas involontairement à des violations des droits de l’homme.
