Téhéran sous un ciel de fumée : l’Iran dénonce des « crimes contre l’humanité » après les frappes américano-israéliennes
Téhéran, Iran – Les habitants de Téhéran se sont réveillés dimanche dans un paysage apocalyptique, sous un ciel gris et suffocant, après les frappes israéliennes de samedi contre des installations pétrolières de la capitale iranienne. Des pluies noires, chargées de résidus toxiques, ont recouvert la ville, suscitant l’inquiétude quant aux conséquences sanitaires et environnementales de ces bombardements.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné avec virulence ces attaques, les qualifiant de « crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide ». Un porte-parole a déclaré que ces frappes constituaient une nouvelle escalade dans l’agression américano-israélienne contre l’Iran, qui dure depuis une semaine.
« Sur tout le reste, Israël et les États-Unis ont déchaîné une catastrophe environnementale à Téhéran », a déclaré Assal Rad, chercheuse au Centre arabe de Washington D.C. « De combien de manières peuvent-ils montrer qu’ils n’ont aucun respect pour la vie humaine ? »
Les autorités iraniennes ont exhorté les habitants à rester chez eux pour éviter les effets nocifs de la qualité de l’air dégradée. La Croissante Rouge iranienne a averti que les pluies toxiques pourraient être « très dangereuses et acides », et a publié des directives d’exposition pour les résidents.
Sur les réseaux sociaux, des images et des vidéos témoignent de l’ampleur des dégâts. Frederik Pleitgen, correspondant de CNN, a diffusé des images de Téhéran, montrant un ciel obscurci par la fumée et de l’eau noire s’accumulant sur les surfaces. Il a également visité le dépôt pétrolier de Shahran, l’un des sites bombardés, décrivant les dégâts comme « immenses ».
Trita Parsi, du Quincy Institute, a souligné la gravité de la situation, décrivant les scènes comme un « armageddon ». Il a également critiqué certains membres de la diaspora iranienne qui ont encouragé les États-Unis et Israël à attaquer leur propre pays, affirmant que « l’histoire ne pardonnera pas » à ceux qui ont « trompé les Iraniens en leur faisant croire que cette guerre les libérerait ».
Intégrer ici le tweet de Trita Parsi : https://twitter.com/tparsi/status/2030637994055532854
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a dénoncé ces attaques comme une « guerre criminelle » américano-israélienne contre le peuple iranien, qualifiant le ciblage des dépôts de carburant de « guerre chimique intentionnelle » contre les civils. Il a affirmé que les conséquences de cette « catastrophe humanitaire et environnementale » dépasseraient les frontières de l’Iran.
Ces événements interviennent dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, et soulèvent des inquiétudes quant à une escalade potentielle du conflit. Le ministère iranien des Affaires étrangères a réitéré son appel à la communauté internationale pour qu’elle condamne ces attaques et qu’elle prenne des mesures pour prévenir de nouvelles agressions.
