Israël prépare-t-il un scénario post-régime en Iran ? L’ambassadeur Leiter esquisse une transition complexe
Washington – L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Michael Leiter, a laissé entrevoir dimanche une stratégie israélienne allant au-delà d’une simple opération militaire en Iran, suggérant une préparation active à une transition politique potentielle suite à l’affaiblissement du régime actuel. Dans une interview accordée à Margaret Brennan sur CBS News, Leiter a insisté sur la nécessité de sécuriser le programme nucléaire iranien, tout en esquissant un scénario où le peuple iranien prendrait les rênes de son propre destin.
L’entretien, diffusé le 8 mars 2026, intervient dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient et après des frappes israéliennes en Iran. Leiter a souligné un niveau de collaboration sans précédent entre Israël et les États-Unis, affirmant que cette coopération ne dépend pas d’un calendrier précis. "Quand vous faites quelque chose d’aussi critique, vous ne regardez pas un chronomètre", a-t-il déclaré. "Il s’agit d’un État soutenant le terrorisme qui doit être neutralisé."
L’ambassadeur a confirmé qu’Israël a un plan pour sécuriser l’uranium enrichi iranien, mais s’est refusé à divulguer les détails opérationnels. Il a cependant précisé que l’objectif principal est de créer une situation permettant d’accéder à ce matériel et de le neutraliser, une fois l’activité militaire sur le terrain réduite.
Un espoir dans la contestation interne
Leiter a mis en avant l’idée que le régime iranien est confronté à des difficultés croissantes, notamment des dissensions internes et une incapacité à gérer les conséquences de ses propres actions. Il a également souligné le potentiel d’une révolte populaire, estimant que 80% de la population iranienne s’oppose au régime actuel. "Ils ont juste besoin de la capacité de s’exprimer", a-t-il affirmé.
L’ambassadeur a évoqué des discussions avec les minorités ethniques iraniennes, notamment les Kurdes, les Baloutches et les Azéris, tout en insistant sur l’importance d’un soulèvement populaire généralisé. Il a souligné qu’un régime affaibli pourrait ouvrir la voie à un gouvernement de transition, avec l’aide des États-Unis, d’Israël et d’autres alliés régionaux, conduisant à un processus démocratique.
Réponse à la Turquie et aux préoccupations américaines
Interrogé sur les accusations de la Turquie, qui suggère qu’Israël cherche à impliquer les Kurdes dans le conflit, Leiter a minimisé l’importance de ces allégations, critiquant la politique du président turc Recep Tayyip Erdoğan. Il a réaffirmé le désir d’Israël de voir un Iran uni, tout en soutenant l’autonomie des minorités dans le processus politique.
Concernant les préoccupations américaines quant à la possibilité de voir des troupes au sol déployées en Iran, Leiter a déclaré qu’Israël privilégiait une situation où le peuple iranien prendrait le contrôle de son propre avenir. Il a rappelé les précédents historiques où des populations se sont soulevées contre des régimes autoritaires, citant l’exemple de la Roumanie.
Un objectif clair : empêcher l’acquisition de l’arme nucléaire
L’ambassadeur a réitéré que l’objectif ultime de l’opération est d’empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires. Il a souligné que cette opération n’est pas comparable aux guerres interminables en Irak ou en Afghanistan, en raison du large soutien populaire à un changement de régime en Iran.
Enfin, Leiter a reconnu les coûts humains de la guerre, révélant avoir perdu son fils au combat, mais a insisté sur la nécessité d’agir pour protéger l’existence d’Israël et la stabilité régionale. Il a affirmé qu’Israël est capable d’une grande précision dans ses opérations militaires, tout en reconnaissant les limites de cette précision dans des situations complexes.
