MÉTADONNÉES
Titre : Crise au détroit d’Ormuz : Impasse diplomatique à Islamabad et nouvelles sanctions américaines contre la Chine
Catégorie : Actualités / Géopolitique
Source originale : The Guardian
Mots-clés : Iran, États-Unis, Pakistan, sanctions, Hengli Petrochemical, détroit d’Ormuz, diplomatie, crise humanitaire
Date de publication : 25 avril 2026
Tensions US-Iran : Entre sanctions économiques et dialogue indirect à Islamabad
Alors que le monde observe avec inquiétude le blocage du détroit d’Ormuz, les États-Unis et l’Iran tentent une médiation fragile au Pakistan. Entre refus de négociations directes et pressions financières sur les partenaires commerciaux de Téhéran, le climat reste électrique.
ISLAMABAD – Le face-à-face attendu entre Washington et Téhéran s’apparente pour l’instant à un dialogue de sourds. Bien que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ait atterri à Islamabad vendredi soir pour discuter de « questions bilatérales et de développements régionaux », la posture de Téhéran est sans équivoque : aucun contact direct avec les envoyés américains ne sera toléré.
Un dialogue par procuration
L’annonce a été faite via le réseau social X par le porte-parole du ministère iranien, Esmael Baqaei, qui a précisé qu’aucune rencontre n’était prévue entre l’Iran et les États-Unis. Pour pallier ce refus, le gouvernement pakistanais jouera le rôle d’intermédiaire, transmettant les messages entre les deux délégations. Baqaei a d’ailleurs salué les « bons offices » d’Islamabad pour mettre fin à ce qu’il qualifie de « guerre d’agression imposée par les Américains ».
Cette position contraste avec les déclarations de la Maison Blanche. Karoline Leavitt, secrétaire de presse, a affirmé sur Fox News que Witkoff et Kushner devaient s’entretenir avec Araghchi pour « faire avancer les choses vers un accord ». Si le vice-président JD Vance ne s’est pas déplacé, il reste « profondément impliqué » et pourrait se rendre au Pakistan si la situation l’exige.
L’économie comme arme : la Chine dans le viseur
Parallèlement à ces manœuvres diplomatiques, Washington a intensifié sa pression économique. Le département du Trésor a annoncé vendredi des sanctions contre la raffinerie indépendante chinoise Hengli Petrochemical (Dalian) Refinery. Accusée d’acheter pour des milliards de dollars de pétrole iranien, Hengli est décrite comme l’un des plus gros clients de Téhéran.
L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) ne s’est pas arrêté là, ciblant également environ 40 sociétés de transport et des navires opérant au sein de la « flotte fantôme » de l’Iran.
Un détroit d’Ormuz sous haute tension
L’urgence de ces discussions est accentuée par la situation critique dans le détroit d’Ormuz, point de passage vital pour un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondial en temps de paix. Le conflit a déjà coûté la vie à des milliers de personnes au Moyen-Orient et fragilise l’économie mondiale.

L’impact humanitaire est alarmant. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti que 45 millions de personnes pourraient faire face à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition si le détroit restait bloqué. De son côté, António Costa, président du Conseil européen, a qualifié l’ouverture immédiate et sans restrictions de la voie maritime de « vitale » pour la communauté internationale.
Un équilibre militaire précaire
Malgré l’extension indéfinie du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump cette semaine — une concession faite à la demande du Pakistan pour laisser place à la diplomatie — la réalité sur le terrain reste violente.
L’Iran maintient son emprise sur le trafic maritime, ayant attaqué trois navires en début de semaine. En réponse, les États-Unis maintiennent un blocus des ports iraniens, et le président Trump a donné l’ordre aux forces militaires de « tirer et tuer » toute petite embarcation susceptible de poser des mines.
