L’inflation américaine ralentit, mais les marchés anticipent déjà une baisse des taux d’intérêt
Washington – L’inflation aux États-Unis a ralenti plus que prévu en janvier, mais cette nouvelle n’a pas fondamentalement modifié les prévisions du marché concernant la politique de la Réserve fédérale (Fed). Les investisseurs continuent de s’attendre à ce que les taux d’intérêt restent inchangés jusqu’en juin. Cependant, le marché obligataire semble contester ce calendrier, anticipant une baisse des taux plus tôt que prévu.
Selon les données publiées vendredi par le gouvernement américain, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 2,4 % sur un an en janvier, un ralentissement par rapport aux 2,7 % enregistrés en décembre. Il s’agit du plus bas niveau depuis huit mois. L’IPC « cœur », qui exclut les prix de l’énergie et de l’alimentation, considéré comme un indicateur plus fiable de la tendance inflationniste, a également diminué, affichant une hausse de 2,5 % sur un an, son rythme le plus lent depuis 2021.
Ces chiffres sont encourageants, mais une analyse plus approfondie révèle que la prudence reste de mise. L’augmentation continue des prix des biens soumis à des droits de douane et l’inflation alimentaire, qui a progressé de 2,9 % sur un an – un niveau élevé par rapport aux normes historiques – sont des facteurs à surveiller. Les prix de l’énergie et des assurances habitation et locatives ont également connu une hausse significative.
L’inflation reste par ailleurs au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la Fed, ce qui incite la banque centrale à rester vigilante.
Les marchés misent sur une baisse des taux
Malgré ces éléments, les marchés financiers semblent de plus en plus convaincus que la Fed pourrait commencer à baisser les taux d’intérêt plus tôt que prévu. Les prévisions du modèle Capital Spectator, qui anticipe une désinflation continue depuis plusieurs mois, confirment cette tendance. Le modèle prévoit une baisse de l’IPC cœur à 2,4 % pour le rapport de février.
Bien que les contrats à terme sur les taux d’intérêt continuent d’indiquer une absence de baisse des taux avant la réunion de politique monétaire de juin, le marché obligataire teste les limites de ce scénario. Le rendement des bons du Trésor à deux ans, sensible à la politique monétaire, se situe actuellement à 3,45 %, un niveau proche de son plus bas depuis 2022 et inférieur à la fourchette cible de la Fed (3,50 % à 3,75 %).
Cette dynamique reflète un sentiment croissant sur le marché obligataire selon lequel une baisse des taux est imminente. D’autres indicateurs du marché confirment cette tendance. La moyenne de deux prévisions basées sur le marché des bons du Trésor estime désormais l’inflation sur cinq ans dans la fourchette basse des 2 %, son niveau le plus bas depuis un mois et proche de l’objectif de 2 % de la Fed. La forte hausse des anticipations en janvier s’est inversée, suggérant que les marchés sont moins préoccupés par les risques inflationnistes.
Un optimisme prudent
Il est encore trop tôt pour déclarer la victoire sur l’inflation, mais la tendance générale à la désinflation suggère que le pire pourrait être passé. Les marchés financiers, bien que parfois erronés, semblent actuellement pencher vers un scénario de désinflation continue. Il faudrait une surprise économique majeure en faveur de la réinflation pour inverser cette tendance.
L’impact de ces évolutions sur le pouvoir d’achat des ménages américains est significatif. Une inflation plus faible signifie que les Américains peuvent acheter plus de biens et de services avec le même revenu, ce qui stimule la consommation et la croissance économique.
Pour suivre l’évolution de la situation, consultez le site web de la Réserve Fédérale : https://www.federalreserve.gov/
Image d’un graphique montrant l’évolution de l’IPC aux États-Unis, source Bureau of Labor Statistics
