Le secteur immobilier indien sous pression : un expert prédit des opportunités d’achat sélectives
Mumbai, Inde – Malgré un rebond généralisé des marchés boursiers, le secteur immobilier indien reste sous pression, une situation qui intrigue les investisseurs. Si les chiffres de ventes de plusieurs promoteurs restent solides, les bénéfices déclarés affichent une faiblesse inquiétante ces derniers trimestres. Un décalage qui, selon l’expert financier Sandip Sabharwal, pourrait être largement dû aux particularités de la comptabilité sectorielle.
“Il ne faut pas se fier uniquement aux bénéfices déclarés dans l’immobilier,” explique Sabharwal dans une interview à ET Now. “Il est crucial d’analyser les données de ventes et les revenus futurs potentiels, car la comptabilité dans ce secteur est complexe. Les bénéfices trimestriels peuvent donner une image déformée de la réalité.”
Cette perception d’un pessimisme excessif autour des actions immobilières est partagée par de nombreux observateurs. Sabharwal, bien qu’il ne détienne actuellement aucune action du secteur, estime que la correction en cours offre des opportunités d’achat sélectives.
“Je serais attentif à l’acquisition de certaines valeurs solides dans ce contexte de correction,” a-t-il déclaré. Il cite notamment DLF, dont la solidité financière – bilan sain, absence de dette, flux de trésorerie robustes et données de ventes encourageantes – en fait une option intéressante. Godrej Properties et Prestige sont également mentionnés comme des valeurs à surveiller, atteignant des niveaux d’achat potentiellement attractifs.
Microfinance : prudence de mise malgré des signes d’amélioration
L’attention s’est également portée sur les résultats des établissements de crédit, tels que CreditAccess Grameen et Bandhan Bank, qui affichent une amélioration de la qualité de leurs actifs et une diminution des créances douteuses. Sabharwal reconnaît que la situation dans le secteur de la microfinance semble s’assainir, avec la perspective d’une croissance renouvelée l’année prochaine.
“On observe une réduction des créances douteuses en microfinance, ce qui pourrait stimuler la croissance à partir de l’année prochaine,” explique-t-il. “Pour ceux qui s’intéressent à ce secteur, cela pourrait représenter une opportunité.”
Cependant, il reste prudent et ne prévoit pas d’investir activement dans la microfinance.
Banques et NBFC : une préférence pour la stabilité
Dans le secteur du crédit, Sabharwal privilégie les grandes banques établies et certaines sociétés financières non bancaires (NBFC). Il mentionne ICICI Bank, Axis Bank, State Bank of India et HDFC Bank (qui, après une récente correction, semble intéressante autour des 920 INR) comme des valeurs à conserver. Parmi les NBFC, il souligne ses participations dans Mahindra Finance, L&T Finance et Manappuram Finance, tout en notant le potentiel des entreprises liées au secteur des véhicules utilitaires, en pleine expansion.
Midcaps et Smallcaps : le meilleur potentiel de croissance à moyen terme
Alors que l’indice Nifty connaît une légère correction et que les petites et moyennes capitalisations subissent des baisses plus importantes, Sabharwal estime que les meilleures opportunités se situent désormais en dehors des grandes capitalisations.
“Je pense que le potentiel se trouve actuellement dans les midcaps, puis dans les smallcaps,” affirme-t-il. “De nombreuses actions et secteurs individuels ont corrigé de 50 à 70 %. Certaines ne se relèveront pas, mais beaucoup d’autres le feront.”
Il recommande de surveiller de près les secteurs de la consommation (biens durables et non durables), de l’infrastructure et certaines entreprises financières.
Patience et perspective à long terme
En conclusion, Sabharwal insiste sur l’importance de la patience pour les investisseurs dans un contexte de volatilité. “Nous avons assisté à une forte vente. Il y a des opportunités significatives pour ceux qui peuvent rester patients pendant 18 à 24 mois,” conclut-il.
Ce contexte s’inscrit dans une période de transformation pour l’économie indienne, qui vise à devenir la troisième économie mondiale d’ici 2030, selon les prévisions de plusieurs institutions financières internationales. La capacité du secteur immobilier à se redresser et à contribuer à cette croissance sera un facteur clé.
