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IA : Une bulle prête à éclater ?

L’euphorie autour de l’IA masque-t-elle une bulle prête à éclater ?

NEW YORK – L’engouement pour l’intelligence artificielle (IA) est-il sur le point de s’essouffler ? Des voix dissonantes, dont celle de Michael Burry, rendu célèbre par son pari contre le marché immobilier en 2008 (immortalisé dans le film The Big Short), s’élèvent pour avertir d’une bulle spéculative “trop grande pour être sauvée”. Cette inquiétude se reflète également dans une récente enquête menée par Risk.net, qui classe l’IA comme le principal risque d’investissement pour 2026, citant des dépenses d’investissement massives, l’obsolescence rapide des technologies et une consommation de ressources exponentielle.

L’analogie avec la bulle internet de 2000 est frappante. À l’époque, les sept plus grandes entreprises du S&P 500 représentaient un peu moins de 19% de l’indice. Aujourd’hui, les sept géants de l’IA – Alphabet, Amazon, Apple, Broadcom, Meta, Microsoft et Nvidia – pèsent pour près de 28%. Une concentration inédite qui rappelle des “séquoias géants assombrissant le reste de la forêt”, selon des analystes.

Une concentration sectorielle alarmante

La concentration n’est pas seulement une question de poids dans l’indice. En 2000, cinq des vingt plus grandes entreprises du S&P 500 étaient des entreprises technologiques. Ce chiffre est aujourd’hui de dix. Cette forte concentration rend le marché particulièrement vulnérable à des chocs sectoriels spécifiques, comme une percée technologique concurrente (un hypothétique “DeepSeek 2.0”) ou une crise géopolitique, par exemple une invasion de Taïwan.

L’impact de l’investissement passif

Un facteur aggravant est l’essor fulgurant de l’investissement passif. Selon les données de Morningstar, les actifs passifs (fonds indiciels et ETF) ont atteint 19 000 milliards de dollars en octobre dernier, dépassant les 16 000 milliards de dollars des actifs gérés activement. Au début des années 2000, l’investissement passif ne représentait que 15% du marché.

Terry Smith, fondateur de Fundsmith, dénonce des “distorsions dangereuses” créées par ce phénomène. L’idée sous-jacente de l’investissement passif – répliquer un indice pour obtenir des rendements supérieurs à ceux des gestionnaires actifs – a fait ses preuves jusqu’à présent. Cependant, les fonds indiciels, par leur nature même, ne sont pas conçus pour évaluer la valeur intrinsèque des actions.

“Lorsque vous passez à l’investissement passif, vous injectez plus d’argent dans les actifs qui montent. Vous tuez la correction moyenne qui est au cœur de tous les modèles que nous avons sur le fonctionnement des marchés”, explique Michael Green, gestionnaire de portefeuille chez Simplify Asset Management, dans une récente interview à CNN.

Une élasticité du marché en baisse

L’absence d’investisseurs actifs capables d’arbitrer les distorsions de valorisation amplifie le problème. Une étude de 2021, menée par Valentin Haddad et publiée sur SSRN, a révélé que l’essor de l’investissement passif a rendu les marchés boursiers américains 11% moins réactifs aux variations de prix. En d’autres termes, les acheteurs continuent d’acheter même lorsque les prix grimpent en flèche.

Cette inelasticité s’applique également à la baisse. Les fonds indiciels ne sont pas obligés de vendre leurs participations en cas de repli du marché. Leur pondération dans l’indice diminue simplement avec la valeur de l’action. Cependant, une panique boursière, déclenchée par un effondrement du secteur de l’IA, pourrait entraîner des rachats massifs et une spirale baissière.

Des valorisations qui rappellent la bulle internet

Les signaux d’alerte sont nombreux. Le ratio cours/bénéfices moyen du S&P 500 est aujourd’hui presque aussi élevé qu’avant l’éclatement de la bulle internet. Le ratio cours/bénéfices ajusté cycliquement (CAPE) s’établit à 45, contre 53 en mars 2000, selon les données de Finaeon.

La flambée des actions liées à l’IA est encore plus spectaculaire. Palantir, une entreprise de logiciels d’IA, a vu son cours multiplier par six en cinq ans. Broadcom, un fabricant de semi-conducteurs, a enregistré une progression de 800%. Nvidia, le leader du marché des puces graphiques, a vu son cours multiplier par treize.

Comme le dit l’adage, “plus ils sont grands, plus ils tombent”. La question n’est donc pas de savoir si la bulle de l’IA éclatera, mais quand. Les investisseurs doivent rester vigilants et évaluer attentivement les risques avant de se laisser emporter par l’euphorie actuelle.

[Image Instagram d’un graphique montrant la croissance exponentielle des actions Nvidia : lien vers un compte d’analyse financière pertinent]

[Vidéo YouTube d’une interview de Michael Burry sur l’IA : lien vers une chaîne d’information financière reconnue]

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