L’administration Trump utilise l’IA pour traquer les programmes de diversité et d’inclusion
WASHINGTON (AP) – Le département de la Santé et des Services sociaux (HHS) des États-Unis utilise des outils d’intelligence artificielle développés par Palantir et Credal AI pour auditer les subventions, les demandes de subventions et les descriptions de poste afin de détecter toute non-conformité avec les décrets présidentiels de Donald Trump ciblant l'”idéologie du genre” et les initiatives de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI). Cette utilisation, révélée par un inventaire récemment publié des cas d’utilisation de l’IA au sein du HHS pour 2025, soulève des questions sur la surveillance gouvernementale et l’impact sur les programmes sociaux.
Ni Palantir, ni le HHS n’ont publiquement annoncé l’utilisation de ces logiciels à ces fins. Les documents financiers consultés montrent que Palantir a perçu plus de 35 millions de dollars du HHS au cours de la première année du second mandat de Trump, sans que les descriptions de ces transactions ne fassent référence à ce travail spécifique.
L’audit se concentre sur l’Administration pour les enfants et les familles (ACF), qui finance les services de protection de l’enfance et de la famille, et supervise les systèmes de placement familial et d’adoption. Palantir a été mandatée pour établir une liste des “descriptions de poste qui pourraient nécessiter des ajustements pour être conformes aux décrets présidentiels récents”.
En plus de Palantir, la jeune entreprise Credal AI, fondée par d’anciens employés de Palantir, a aidé l’ACF à auditer les subventions existantes et les nouvelles demandes de subventions. Le processus de révision des subventions, basé sur l’IA, “examine les fichiers soumis et génère des signaux et des priorités initiaux pour discussion”, selon l’inventaire. Les informations pertinentes sont ensuite transmises aux bureaux de programme de l’ACF pour un examen final.
Les employés de l’ACF examinent en dernier ressort les descriptions de poste, les subventions et les demandes de subventions signalées par l’IA. L’inventaire précise que ces cas d’utilisation de l’IA sont actuellement “déployés” au sein de l’ACF, ce qui signifie qu’ils sont activement utilisés. L’ACF a versé environ 750 000 dollars à Credal AI pour sa “Plateforme d’Intelligence Artificielle Générative (GenAI) d’Entreprise Technologique”, mais les descriptions de paiement ne mentionnent pas les objectifs liés à la DEI ou à l'”idéologie du genre”.
Le HHS, l’ACF, Palantir et Credal AI n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de l’agence de presse.
Ces audits s’inscrivent dans un contexte plus large de restrictions imposées par les décrets présidentiels 14151 et 14168, publiés le premier jour du mandat de Trump. Le décret 14151 exige la fin de toute politique, programme, contrat ou subvention mentionnant ou concernant la DEI, l’équité ou la justice environnementale. Le décret 14168, quant à lui, définit le “sexe” comme une “classification biologique immuable” et limite le genre au “masculin” et au “féminin”, qualifiant l'”idéologie du genre” et l'”identité de genre” de “fausses” et “déconnectées de la réalité biologique”. Il interdit également l’utilisation de fonds fédéraux pour “promouvoir l’idéologie du genre”.
Les conséquences de ces décrets se font déjà sentir. La National Science Foundation a commencé à signaler toute recherche contenant des termes associés à la DEI, tels que “femme”, “inclusion”, “systémique” ou “sous-représenté”, pour examen. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) ont retiré ou suspendu des recherches mentionnant des termes tels que “LGBT”, “transsexuel” ou “non binaire”, et ont cessé de traiter les données relatives aux personnes transgenres. La Substance Abuse and Mental Health Services Administration a supprimé une ligne d’assistance téléphonique pour la prévention du suicide chez les jeunes LGBTQ+.
Ces mesures suscitent des inquiétudes quant à l’impact sur la recherche scientifique, les services de santé et le soutien aux populations vulnérables. L’utilisation de l’IA pour faire appliquer ces politiques soulève des questions supplémentaires sur la transparence, la responsabilité et le potentiel de biais algorithmiques.
[Intégration potentielle d’un tweet ou d’une publication Instagram d’une organisation de défense des droits LGBTQ+ commentant ces développements.]
L’utilisation de l’IA par le gouvernement pour surveiller et restreindre les programmes liés à la DEI marque un tournant significatif dans la politique publique américaine, avec des implications potentiellement profondes pour l’avenir de la diversité et de l’inclusion dans le pays.
