Les assureurs mondiaux accélèrent leurs investissements dans l’IA, mais s’inquiètent du manque de réglementation
PARIS – Les dirigeants d’entreprises d’assurance du monde entier prévoient d’augmenter considérablement leurs investissements dans l’intelligence artificielle (IA), anticipant des retours sur investissement plus rapides que prévu, selon un nouveau rapport de KPMG. Cette poussée vers l’IA intervient alors que le secteur cherche à améliorer l’efficacité opérationnelle, à réduire les coûts et à mieux servir ses clients, mais elle est également accompagnée d’une inquiétude croissante concernant les risques et le manque de cadre réglementaire clair.
Le rapport 2025 Insurance CEO Outlook, publié cette semaine, révèle que 73 % des dirigeants d’assureurs considèrent l’adoption de l’IA comme leur priorité d’investissement numéro un. Plus de deux tiers (67 %) prévoient d’allouer entre 10 et 20 % de leurs budgets à des initiatives basées sur l’IA. Ce changement marque une nette accélération par rapport à l’année précédente, où seulement 21 % des dirigeants s’attendaient à voir des retours sur investissement dans un délai de un à trois ans. Ce chiffre a désormais grimpé à 67 % pour 2025.
“L’IA a évolué d’une phase d’expérimentation à un moteur de création de valeur central pour de nombreuses compagnies d’assurance”, explique le rapport. La pression des actionnaires pour des résultats à court terme pousse les entreprises à rechercher un retour sur investissement rapide.
L’IA est déjà déployée dans des domaines clés tels que la gestion des sinistres, où elle permet d’analyser et de valider les demandes plus rapidement, d’automatiser les paiements et d’améliorer la précision. Les algorithmes avancés sont également intégrés à la souscription pour évaluer les risques de manière plus efficace. Des tâches autrefois manuelles, comme l’évaluation des dommages automobiles à partir de photos, sont désormais automatisées, permettant de conclure des contrats en quelques minutes.
[Intégration potentielle d’une courte vidéo YouTube expliquant le fonctionnement de l’IA dans la gestion des sinistres, par exemple une démonstration d’un outil d’analyse d’images.]
Cependant, cette adoption rapide de l’IA n’est pas sans soucis. Les dirigeants du secteur expriment une inquiétude croissante quant aux risques liés au déploiement de l’IA, notamment en l’absence de réglementations claires. L’éthique, la préparation des données, la cybersécurité et la conformité sont identifiés comme des défis majeurs qui pourraient éroder la confiance du public si ils ne sont pas gérés correctement.
Près des trois quarts (77 %) des dirigeants d’entreprises estiment que le rythme lent des progrès réglementaires pourrait entraver le succès de leur organisation. Le manque de réglementation spécifique à l’IA est considéré comme le deuxième obstacle le plus important à une mise en œuvre efficace.
Ces préoccupations ne sont pas isolées. Des organismes internationaux comme l’Union Européenne travaillent actuellement sur des réglementations complètes concernant l’IA, notamment l’AI Act, qui vise à établir un cadre juridique pour garantir une utilisation sûre et éthique de la technologie.
[Intégration potentielle d’un post Instagram d’un organisme de réglementation (ex: Commission Européenne) annonçant les avancées de l’AI Act.]
“Si l’IA offre d’énormes opportunités d’innovation et d’efficacité dans le secteur de l’assurance, il sera crucial de trouver un équilibre entre une adoption rapide et une gouvernance et une réglementation solides pour assurer des gains à long terme”, soulignent les analystes. L’avenir de l’assurance semble donc intimement lié à la capacité du secteur à naviguer dans ce nouveau paysage technologique et réglementaire.
