Hollywood en déclin : la magie s’est-elle envolée ?
Los Angeles, Californie – L’effervescence des années 2000, où les fans se pressaient chaque soir dans l’espoir d’apercevoir leurs idoles, semble n’être plus qu’un lointain souvenir à Hollywood. Un expert du secteur immobilier affirme que la ville des anges est en train de mourir, un constat alarmant qui soulève des questions sur l’avenir de l’industrie du divertissement et de la vie nocturne californienne.
Makan Mostafavi, agent immobilier et natif de Los Angeles, se souvient d’une époque où la ville était synonyme d’opulence et de liberté. “En 2000, c’était un paradis. Tout le monde voulait venir à Los Angeles, tout le monde voulait faire la fête ici”, témoigne-t-il. L’économie florissante permettait à chacun de profiter pleinement de la vie, sans les préoccupations financières qui rongent aujourd’hui les habitants.
Mais le tableau a radicalement changé. Mostafavi décrit une atmosphère pesante, où le stress lié au coût de la vie, à l’insécurité et aux problèmes sociaux omniprésents a remplacé l’insouciance d’antan. “Maintenant, quand on sort, tout le monde est stressé par le loyer, les factures, les problèmes du quotidien… la criminalité, le sans-abrisme, les impôts élevés, l’état catastrophique des routes”, énumère-t-il.
Ce déclin se traduit également par une transformation de la vie nocturne. Les clubs, autrefois bondés et animés, peinent aujourd’hui à attirer une clientèle enthousiaste. Mostafavi observe que les jeunes, plutôt que de se laisser aller à la fête, restent scotchés à leurs téléphones, conscients que la moindre incartade pourrait être immortalisée sur les réseaux sociaux.
L’évolution des prix est également frappante. Alors qu’un dîner et quelques bières coûtaient autrefois une soixantaine de dollars, il faut désormais débourser plus de 250 dollars par personne pour une soirée similaire. Les codes vestimentaires se sont également assouplis, permettant à chacun de s’habiller comme il le souhaite, mais au détriment de l’exclusivité et du glamour qui caractérisaient autrefois les soirées hollywoodiennes.
“Avant, il fallait connaître le promoteur ou être quelqu’un pour entrer dans les meilleurs clubs. Maintenant, les files d’attente sont inexistantes et tout le monde peut entrer”, explique Mostafavi. Il se souvient d’une époque où les clubs étaient le lieu de rencontre privilégié des célébrités et des jeunes en quête d’amour et d’aventure.
La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs établissements emblématiques ont fermé leurs portes ces derniers mois. Cole’s French Dip, célèbre pour son sandwich iconique, a failli disparaître, sauvé in extremis par le soutien de sa clientèle. Le Petit Four, un restaurant de renom, a quant à lui définitivement baissé le rideau après 40 ans d’activité, incapable de faire face à la hausse des coûts. D’autres lieux emblématiques, comme le Mayan et LAVO, ont également fermé leurs portes.
Selon les données d’OpenTable, la fréquentation des restaurants à Los Angeles a chuté de 5% entre janvier et août 2023. Pablo Rivero, propriétaire de Resy, souligne que les restaurants fonctionnent sur des marges très faibles et sont particulièrement vulnérables aux perturbations économiques.
Les chiffres de la criminalité ne sont pas non plus rassurants. En 2023, le département du shérif du comté de Los Angeles a enregistré 1 393 vols à main armée, en légère baisse par rapport à 2022 (1 856), mais le nombre total de crimes violents reste élevé, avec 60 400 incidents recensés l’année dernière.
Mostafavi estime que la résolution des problèmes de criminalité, de sans-abrisme et d’économie est essentielle pour relancer la vie nocturne de Los Angeles. “C’est un système brisé”, déclare-t-il. “Si le gouvernement peut s’attaquer à ces problèmes, il n’y a aucun doute que la vie nocturne s’améliorera.”
Malgré ce sombre tableau, Los Angeles reste classée sixième meilleure ville américaine pour la vie nocturne par le magazine Time Out en 2023. Cependant, la question demeure : la magie d’Hollywood est-elle définitivement révolue ? L’avenir nous le dira.
