Deux ans après l’assassinat de l’ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, survenu le 27 septembre 2024 dans la banlieue sud de Beyrouth, le parti traverse une période de transformation profonde sous la direction de Naïm Qassem, tandis que la scène politique libanaise débat ouvertement de la souveraineté et du monopole des armes par l’État.
Le Hezbollah commémore la disparition de son ancien dirigeant historique dans un climat radicalement transformé. Hassan Nasrallah, qui a incarné le mouvement pendant plus de trois décennies, a façonné la vie politique et sécuritaire du Liban à travers sa maîtrise de la communication et sa capacité à unifier ses partisans et ses adversaires sous une même ligne directrice. Son assassinat lors des frappes sous le terrain de la banlieue sud a ouvert une phase d’incertitude inédite pour l’organisation.
La transition de Naïm Qassem et la nouvelle réalité de l’organisation
La succession a échu à Cheikh Naïm Qassem dans des conditions particulièrement complexes. Ancien adjoint de Nasrallah de longue date et figure publique bien connue, le nouveau secrétaire général a hérité d’une structure affaiblie par des pertes majeures au sein de ses commandements militaires et sécuritaires. Contrairement à son prédécesseur, Qassem ne bénéficie pas de la même envergure charismatique capable de transcender les tribunes, une lacune notable dans une période où les discours unilatéraux ne suffisent plus à apaiser les tensions.
Le parti a payé un lourd tribut lors de son engagement dans la guerre d’usure menée depuis la frontière sud, présentée par ses dirigeants comme un front de soutien à Gaza et à Téhéran. Ces affrontements prolongés ont endommagé l’infrastructure militaire du groupe et contraint ses instances à repenser entièrement leur organisation dans un environnement hostile. Les rapports publiés à l’occasion de cet anniversaire soulignent que la formation tente tant bien que mal de s’adapter à cette mutation structurelle profonde.
Le débat sur la souveraineté et le monopole des armes par l’État
Les répercussions de ce conflit prolongé ont directement déplacé le centre de gravité du débat politique libanais vers la question fondamentale de l’autorité étatique. Les analyses diffusées par les médias locaux rappellent que la question du contrôle de la décision de guerre et de la paix s’impose désormais avec une acuité particulière dans les institutions nationales.

La discussion publique tourne autour de la nécessité de restaurer le monopole de la force aux mains de l’armée libanaise dans le sud du pays, redéfinissant ainsi les frontières entre la décision souveraine de l’État et les influences régionales extérieures.
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