Guerre au Moyen-Orient : L’inflation dans la zone euro pourrait flamber, avertit l’économiste en chef de la BCE
Francfort – Une escalade du conflit au Moyen-Orient pourrait entraîner une forte hausse de l’inflation dans la zone euro et freiner la croissance économique, a mis en garde Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), dans une interview publiée aujourd’hui par le Financial Times.
L’aggravation des tensions, marquée par des attaques israéliennes au Liban et des ripostes iraniennes contre les États du Golfe, a déjà provoqué une flambée des prix du pétrole, avec une augmentation de plus de 10%.
Selon le professeur Lane, une hausse des prix de l’énergie exerce une pression à la hausse sur l’inflation, particulièrement à court terme, et un tel conflit serait préjudiciable à l’activité économique. L’ampleur de l’impact et les conséquences sur l’inflation à moyen terme dépendront de l’étendue et de la durée du conflit, a-t-il précisé.
Des analyses antérieures menées par la BCE indiquent qu’une guerre prolongée pourrait entraîner une "forte hausse" de l’inflation liée à l’énergie et une "chute brutale" de la production en cas de réduction persistante de l’approvisionnement énergétique en provenance de la région. Une analyse distincte, datant de décembre dernier, suggère qu’une augmentation permanente des prix du pétrole de cette ampleur pourrait faire grimper l’inflation de 0,5 point de pourcentage et réduire la croissance de 0,1 point.
L’inflation dans la zone euro se situe actuellement à 1,7%, en dessous de l’objectif de 2% fixé par la banque centrale. Cela suggère qu’une légère augmentation des prix ne déclencherait probablement pas de mesures de politique monétaire, d’autant plus que les effets de la politique monétaire se font sentir avec un certain décalage et que la BCE se considère comme impuissante face aux fluctuations de prix à court terme.
La BCE a également tendance à ignorer la volatilité des prix de l’énergie tant que les fluctuations n’affectent pas les anticipations à long terme et ne se répercutent pas sur l’inflation sous-jacente par le biais d’effets de second tour. Pour l’heure, les anticipations d’inflation à long terme du marché sont restées stables et les marchés ne s’attendent à aucun changement du taux de dépôt de la BCE, qui reste fixé à 2% pour l’ensemble de l’année.
