Home InternationalGéorgie : Amnesty réclame une justice complète après l’arrestation de cinq policiers

Géorgie : Amnesty réclame une justice complète après l’arrestation de cinq policiers

Géorgie : Cinq policiers arrêtés pour violences lors des manifestations de 2024, un pas insuffisant vers la justice selon les ONG

TBILISI – Le Bureau du Procureur général de Géorgie a annoncé, le 7 mai 2026, l’arrestation de cinq agents de la force publique, actuels et anciens, accusés de violences graves commises contre des civils lors des manifestations anti-gouvernementales de 2024. Si cette décision marque une avancée judiciaire, elle est perçue par les observateurs internationaux comme une réponse tardive et fragmentaire face à une répression systémique.

Les suspects sont inculpés d’« abus de pouvoir avec usage de violence », un crime passible de cinq à huit ans d’emprisonnement. L’un des officiers fait face à un chef d’accusation supplémentaire pour avoir entravé illégalement l’activité professionnelle d’un journaliste, entraînant des dommages à la santé.

Une enquête médiatique comme déclencheur

Ces arrestations ne sont pas le fruit d’une initiative spontanée des autorités, mais la conséquence directe d’une pression médiatique. Une enquête approfondie menée par la chaîne TV Formula a permis d’identifier, grâce à des sources internes au ministère de l’Intérieur, l’un des agresseurs du journaliste Guram Rogava. Ce dernier avait été violemment pris pour cible le 29 novembre 2024 alors qu’il couvrait les événements à Tbilisi.

From Instagram — related to Outre Guram Rogava, Levan Khabeishvili

Outre Guram Rogava, les charges concernent également des agressions perpétrrées contre le politicien Levan Khabeishvili et le manifestant Zviad Maisashvili.

📌 Analyse Express : L’implication de sources internes au ministère de l’Intérieur pour identifier les coupables souligne la fragilité du système de reddition de comptes interne à la police géorgienne.

Le bilan humain : au-delà des cinq arrestations

L’affaire remet en lumière l’horreur des événements de novembre et décembre 2024. Durant cette période, les forces de l’ordre ont utilisé de manière indiscriminée des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes, des sprays au poivre et des canons à eau contre des rassemblements pacifiques.

Les données recueillies par les observateurs sur le terrain sont alarmantes :

  • Plus de 300 détenus ont rapporté des abus physiques graves.
  • Plus de 80 personnes ont dû être hospitalisées pour des concussions et des fractures.
  • Des témoignages concordants font état de l’utilisation de « fourgons de torture », où des individus étaient battus à l’abri des regards.

De nombreux manifestants ont également été conduits vers des lieux secrets, privés de tout accès à un avocat ou à leur famille, et se sont vu refuser des soins médicaux d’urgence, y compris des interventions chirurgicales vitales.

« Une impunité persistante »

Pour Denis Krivosheev, directeur adjoint pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale chez Amnesty International, ces arrestations, intervenues 17 mois après les faits, sont loin de clore le dossier.

« Ces cinq arrestations ne changent en rien le tableau global de l’impunité en Géorgie », a déclaré M. Krivosheev, soulignant que des dizaines de cas de torture et de mauvais traitements demeurent sans enquête effective. L’organisation insiste sur le fait que la justice ne peut être rendue si seule la base de la chaîne hiérarchique est inquiétée.

L’exigence actuelle des défenseurs des droits humains est claire : l’enquête du Procureur général doit s’étendre à tous ceux qui ont donné les ordres et à ceux qui, par omission, ont laissé faire ces violations flagrantes des droits fondamentaux.

“La justice signifie que tous ces cas soient traités. Il est impératif qu’il y ait une responsabilité sur l’ensemble de la chaîne de commandement.” — Denis Krivosheev

Enjeux pour l’intérêt public

L’issue de ce procès sera un indicateur crucial pour la trajectoire démocratique de la Géorgie. La question n’est plus seulement de savoir si quelques officiers seront condamnés, mais si l’État géorgien est capable de démanteler une culture de violence institutionnalisée. Pour la communauté internationale et les citoyens géorgiens, l’enjeu est la garantie que le droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique ne sera plus jamais sanctionné par la brutalité policière.


Suivre l’évolution du dossier sur les réseaux sociaux :
(Insérer ici le flux X.com avec le hashtag #GeorgiaJustice ou les publications de TV Formula)
[Embed X: @TVFormula_ge]
[Embed Instagram: #HumanRightsGeorgia]

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.