Home SantéRougeole: Chili alerte après 1er cas importé, Pérou en crise

Rougeole: Chili alerte après 1er cas importé, Pérou en crise

by Camille Laurent - Santé
Un virus de retour après des décennies d’absence

Un premier cas importé de rougeole a été confirmé au Chili le 22 mai 2026, après une absence de transmission locale depuis 2023, tandis que le Pérou déclenche une alerte sanitaire de 90 jours face à plus de 300 cas confirmés dans ses régions frontalières. Les autorités chiliennes, confrontées à une couverture vaccinale inférieure à 80% chez les enfants de 3 ans, appellent à une mobilisation urgente avant que le virus ne s’installe durablement.

Un virus de retour après des décennies d’absence

La rougeole, maladie virale hautement contagieuse qui se transmet par les gouttelettes respiratoires, avait été éradiquée au Chili grâce à des campagnes de vaccination massives dans les années 1990. Pourtant, le 22 mai 2026, un cas importé a été confirmé dans la région métropolitaine : une femme de 43 ans, de retour d’une convention internationale à Madrid entre le 15 et le 19 décembre 2025, a contracté le virus. Selon les données du ministère de la Santé (Minsal), un seul cas non vacciné peut en générer entre 12 et 18 autres, avec une période d’incubation de 7 à 21 jours.

Un virus de retour après des décennies d’absence
cluster (priority): Infogate.cl

Cette réapparition coïncide avec une urgence sanitaire déclarée au Pérou pour 90 jours, après que plus de 300 cas aient été confirmés dans les régions de Lima, Callao et Tacna. Le Chili, voisin immédiat, a immédiatement renforcé sa surveillance dans ses régions nordiques (Arica, Tarapacá, Antofagasta), où le flux migratoire et touristique avec le Pérou est intense. Le Dr. Pedro Astudillo, broncopulmonaire pédiatrique de la Clínica INDISA, alerte : « La rougeole n’est pas seulement une maladie cutanée. Elle peut provoquer des complications graves comme une laryngite obstructrice ou une pneumonie, surtout chez les enfants non vaccinés et les personnes fragiles. »

« La rougeole se transmet par les gouttelettes respiratoires au moment de tousser ou d’éternuer, et ce n’est pas seulement une maladie qui produit des taches sur la peau, car elle peut générer des complications sévères, comme une laryngite obstructrice ou une pneumonie. »

Dr.

Qui doit se faire vacciner en urgence ?

Face à cette résurgence, le Minsal a identifié cinq groupes prioritaires à vacciner sans délai. D’abord, les personnes nées entre 1971 et 1981 – aujourd’hui âgées de 45 à 55 ans – qui n’ont probablement reçu qu’une seule dose dans leur enfance, laissant leur immunité incomplète. Ensuite, les voyageurs se rendant au Pérou ou dans d’autres zones à risque, notamment les enfants de 6 à 11 mois (qui peuvent recevoir une dose anticipée avant l’âge habituel) et ceux de plus d’un an n’ayant qu’une seule dose. Enfin, les personnes sans carnet de vaccination ou ayant perdu le leur doivent se présenter dans un centre de santé pour vérifier leur statut immunitaire.

Qui doit se faire vacciner en urgence ?
cluster (priority): Teletrece
  • Adultes nés entre 1971 et 1981 : risque de protection incomplète avec une seule dose.
  • Voyageurs vers le Pérou ou zones frontalières (ex. : Puno, Tacna) : vaccin obligatoire 15 jours avant le départ.
  • Enfants de 6 à 11 mois : dose anticipée si voyage imminent.
  • Enfants de plus d’un an avec une seule dose : rappel urgent.
  • Personnes sans carnet de vaccination : vérification gratuite dans les centres publics.

La coverture vaccinale chez les enfants de 3 ans ne dépasse pas 77% au Chili – loin des 95% recommandés par l’OMS pour une immunité collective. Dans la région d’Arica et Parinacota, elle chute même à 76,8%, un niveau critique qui explique pourquoi les autorités ont activé une vigilance renforcée dans les centres de santé, avec une recherche active de cas suspects.

« Ces épidémies importantes se produisent à l’échelle mondiale. Elles touchent principalement les enfants, mais peuvent aussi affecter certains adultes, ce qui explique pourquoi les alarmes se déclenchent : le virus pourrait bien apparaître dans notre pays. »

Dr. Loreto Tapia, infectologue pédiatrique (Clínica Universidad de los Andes), citée par <a href="https://www.24horas.

Pourquoi la vaccination est-elle si cruciale ?

Le schéma vaccinal chilien prévoit deux doses : la première à 12 mois, la seconde à 3 ans, via le vaccin triple viral (rougeole, rubéole, oreillons). Or, selon le Minsal, une seule dose ne protège qu’à 90% contre les formes graves, mais ne bloque pas totalement la transmission. « Le problème, c’est que la protection est totale uniquement avec deux doses. Avec une seule, vous avez une certaine protection, mais vous n’évitez pas nécessairement les épidémies », explique la Dr. Tapia. Cette faille immunitaire explique pourquoi les pays comme le Pérou, malgré des campagnes de rappel, voient les cas exploser.

Les complications de la rougeole ne se limitent pas aux éruptions cutanées. Le virus peut provoquer :

  • Une laryngite obstructrice (faux croup), particulièrement dangereuse chez les nourrissons.
  • Une pneumonie, responsable de 1 à 2 décès sur 1 000 cas non vaccinés.
  • Des encéphalites dans 1 cas sur 1 000, pouvant laisser des séquelles neurologiques permanentes.
  • Un risque accru de mortalité chez les enfants malnutris ou immunodéprimés.
Les adultes atteints, bien que moins exposés aux formes graves, peuvent souffrir de complications pulmonaires ou hépatiques.

Que faire si vous voyagez ?

Pour les voyageurs, le Minsal insiste sur trois règles d’or : vérifier son carnet de vaccination 15 jours avant le départ, se faire administrer une dose si nécessaire (gratuite dans les centres publics), et éviter les lieux bondés en cas de voyage avec un nourrisson non encore vacciné. Les familles doivent aussi surveiller les signes avant-coureurs : fièvre élevée, toux sèche, conjonctivite, et surtout l’apparition de taches rouges quelques jours plus tard. « Si vous présentez ces symptômes après un voyage dans une zone à risque, consultez en urgence et mentionnez vos antécédents de voyage », recommande le Dr. Astudillo.

L'OMS alerte sur les cas de rougeole

« Cette vaccination n’est pas payante. Il suffit de se présenter dans un centre de vaccination, de déclarer ne pas avoir de registre et de demander la vaccination selon l’appel du Minsal. »

Dr.

Que risque-t-on si rien n’est fait ?

Le scénario le plus redouté est une réintroduction durable du virus au Chili, comme cela s’est produit au Brésil ou en Italie ces dernières années. Sans couverture vaccinale suffisante, les épidémies pourraient devenir saisonnières, avec des pics en hiver. Les régions les plus vulnérables sont celles du nord (Arica, Tarapacá), où la densité de population et les échanges avec le Pérou favorisent la propagation. « Le Chili a éliminé la rougeole dans les années 1990, mais la baisse de la couverture vaccinale a rouvert la porte à ce virus », souligne le Minsal.

Que risque-t-on si rien n’est fait ?
cluster (priority): Chilevisión

Un autre risque est la surcharge des systèmes de santé. Au Pérou, les hôpitaux de Lima et Callao sont déjà saturés, avec des patients nécessitant des soins intensifs pour des complications respiratoires. Au Chili, où la couverture vaccinale chez les enfants de 3 ans n’atteint que 77%, les experts craignent une résurgence similaire si les mesures ne sont pas prises rapidement.

Enfin, la rougeole pourrait exacerber les inégalités sanitaires. Les populations défavorisées, souvent moins bien informées sur les vaccins ou ayant un accès limité aux centres de santé, seraient les premières touchées. Dans les bidonvilles de Santiago ou les zones rurales du nord, où les taux de vaccination sont historiquement bas, les épidémies pourraient devenir endémiques.

Que faire maintenant ?

Pour les particuliers, l’action est simple : vérifier son carnet de vaccination et se faire rappeler si nécessaire, surtout avant un voyage. Les centres de santé publics offrent des doses gratuites, sans besoin de rendez-vous pour les groupes prioritaires. Pour les autorités, les défis sont plus complexes : améliorer la couverture vaccinale (objectif : 95% pour les enfants de 3 ans), renforcer la surveillance aux frontières, et lancer des campagnes ciblées vers les populations à risque (adultes de 45–55 ans, personnes atteintes de maladies chroniques).

À moyen terme, le Chili pourrait s’inspirer des stratégies du Pérou, qui a combiné rappels massifs, isolement des cas confirmés et sensibilisation communautaire. Une chose est sûre : sans une mobilisation rapide, la rougeole pourrait devenir une menace permanente pour la santé publique chilienne.

Pour en savoir plus sur les symptômes, les lieux de vaccination ou les groupes à risque, consultez les sources officielles ou un professionnel de santé. En cas de symptômes suspects après un voyage, consultez sans délai.

<!– /wp:paragraph Les autorités locales appellent à une campagne de vaccination accélérée pour contrer cette menace émergente et protéger les populations les plus vulnérables.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.