France, au nom de l'équipe

Cette saison, sept joueurs ont pris part à la campagne de la Coupe Davis Blues, que les joueurs de Noah ont atteint samedi, la finale encore une fois.
LE MONDE
| 16.09.2018 à 12h48
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Par Clément Martel (Villeneuve-d'Ascq, envoyé spécial)

Le tennis est un sport individuel. Depuis que le major britannique Walter Clapton Wingfield, un jour de février 1874, a établi les règles de la sphairistike, qui deviendrait rapidement le sport que nous connaissons, c'est une antiphonie entendue. Pour voir la joie collective de l'équipe de France tout au long du week-end après l'avoir vu battre (3-0) l'Espagne et grimper en finale de la Coupe Davis, la question se pose: les Bleus ne seraient-ils pas plus florissants dans un décor collectif ?
Depuis que Yannick Noah est sorti – encore une fois – de la retraite de son capitaine pour reprendre l’équipe de France il ya trois ans, un refrain revient, dans sa bouche ou celle de ses joueurs: «le groupe vit bien. pour lequel de nombreux athlètes ont été mis au pilori.
Mais pour les voir danser, samedi 15 septembre, sur le court du stade Pierre-Mauroy à Villeneuve-d'Ascq (Nord) après s'être qualifié pour la finale de la Coupe Davis aux dépens de l'Espagne, c'est clair: le tennis français sont mieux ensemble.

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A quelques années de la République tchèque, qui a gagné en 2012 en voyant tous les points apportés par le duo Berdych-Stepanek, la France joue et gagne en groupe. Pour la Coupe Davis 2018, Yannick Noah a fait appel à sept joueurs différents depuis le début de la compétition: Adrian Mannarino, Richard Gasquet, Pierre-Hugues Herbert, Nicolas Mahut, Lucas Pouille, Jeremy Chardy, Benoit Paire et Julien Benneteau. Une liste est absente des habitués Jo-Wilfried Tsonga et Gael Monfils.
A chaque fois, l’équipe de France a poursuivi son parcours, profitant également des absences de certains des meilleurs joueurs des adversaires. "Certains auraient aimé être à notre place et affronter l’Espagne sans Nadal, a fait savoir Noah vendredi. Sauf que c’est nous. Sauf que nous avons gagné des matchs auparavant et gagné ensemble.
"Transcend" par le groupe
Après quelques mois de tennis, Lucas Pouille a soutenu le groupe pour reprendre Roberto Bautista-Agut en cinq sets. "Il n'y a aucune chance, insiste le Nord, être en groupe, ça me dépasse. Le même ton avec Benoît Paire, chien fou ému par la vie en communauté. Hors de question" [s]"Enerver, ou faire chier un match de la Coupe Davis", lorsque ses coéquipiers, qui l'ont accueilli après un long séjour au Purgatoire, comptent sur lui.

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Parce que pour les joueurs de tennis, le collectif est un mot étrange. Pour atteindre le sommet – et y rester – il ne faut penser qu'à soi. Ce que Henri Leconte a synthétisé – en grattant la culture française en passant – en mai, dans une interview avec le Monde: "pour gagner, il faut être un leader né, vouloir être le numéro un. Quand on voit un adversaire, on veut briser son visage. "
Julien Benneteau a rappelé samedi après son doublé victorieux: une carrière dans le tennis professionnel n'a rien à voir avec ce que vivent les Bleus. "Pendant une semaine, rien n'est trop pour vous. Nous vivons en groupe, avec ses amis, avec les kinés, le médecin, le capitaine. Les entraîneurs sont à votre disposition, et vous jouez un match ou deux matchs sur les week-ends. "Et le Bressan à s’engager, pour justifier sa retraite:" une carrière de joueur de tennis, ce n’est pas le cas. Il s’est absenté du 1er janvier au 15 novembre. "
L'inspiration du football blues
En bleu, les Français trouvent – ou découvrent – comme Pair cette semaine – un rythme évoquant le quotidien des équipes de sport collectif. Et prospérer là-bas. Les hommes de Noah ne cachent pas l'inspiration qu'ils tirent de l'aventure du Blues at the World.
"Ils ont montré une joie de vivre, une amitié entre eux, des sourires sur les réseaux. Et ils sont champions du monde de football! Nous voulons faire comme eux", sourit Noah. Dans les vestiaires après la victoire, Pas de danse française ont rappelé ceux de leurs homologues de football – avec les Pouilles au lieu de Kimpembe en tant qu'homme enceinte.
Si les Français ont la Coupe Davis dans le sang – d'autant plus amplifiée par la disparition prochaine de la compétition – ils insistent sur "l'aventure collective". "Quelle que soit l'équipe alignée, nous avons un groupe", a déclaré Noah, rappelant que les joueurs absents – Tsonga et Herbert en demi-finale – viennent soutenir leurs amis. "

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L'année dernière, la finale victorieuse a permis aux Blues de défaire le surnom de "nouveaux mousquetaires". "Nous n'avons jamais demandé à être appelé [ainsi]avait martelé Richard Gasquet après la victoire. Je trouve cela grotesque, cela fait dix ans que nous entendons cela. "
Néanmoins, armés de raquettes comme rapières, les Français firent de leur mieux la maxime des héros de Dumas. " Un pour tous et tous pour un ". Et l’espace d’une finale, encore une fois, le tennis ne sera pas, pour eux, un sport individuel.

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