Une nouvelle étude publiée le 2 septembre 2026 dans la revue Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences démontre mathématiquement que les ornements animaux, tels que les queues de paon, évoluent beaucoup plus rapidement que les armes naturelles comme les bois et les défenses.
De nombreuses espèces animales possèdent des attributs physiques distincts qui servent à séduire de potentiels partenaires. Parmi ces caractéristiques, les chercheurs recensent des plumages colorés, des queues ou des nageoires élaborées, des sacs vocaux gonflables et des pédoncules oculaires allongés, selon les informations rapportées par Phys.org. Ces ornements se développent sous l’effet de la sélection sexuelle, un processus évolutif qui favorise également l’émergence d’armes naturelles utilisées par les mâles pour affronter leurs rivaux, telles que les cornes, les bois, les défenses, les griffes et les mâchoires.
Un modèle mathématique pour décrypter la sélection sexuelle
Des chercheurs de l’University of Freiburg et de Swansea University ont mis au point un modèle mathématique afin d’analyser la vitesse d’évolution de ces attributs. L’idée initiale de ces travaux s’appuie sur une publication menée par Erin McCullough, Christine Miller et Doug Emlen, parue dans la revue Trends in Ecology & Evolution sous le titre expliquant pourquoi les armes sélectionnées sexuellement ne sont pas des ornements, ainsi que l’explique William L. Allen, co-auteur senior de l’étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences.
Selon l’équipe de recherche, la différence fondamentale réside dans le fait que les ornements et les armes subissent des pressions de sélection distinctes. Les ornements évoluent à travers une interaction directe entre les traits des mâles et les préférences des femelles. Lorsque ces préférences changent, elles modifient l’orientation de l’évolution des ornements, permettant ainsi une coévolution où chaque partie influence l’autre. En revanche, l’évolution des armes est principalement dictée par la compétition directe entre les mâles.
Comparaison des taux d’évolution chez dix groupes d’animaux
Pour vérifier la robustesse de leur modèle théorique, l’équipe menée par Mohammadali Dashtbali a analysé des données comparatives issues de dix groupes d’animaux différents, incluant notamment la longueur des canines chez les primates et l’envergure des yeux chez les mouches à balanciers, telles que l’espèce Teleopsis sykesii. Mohammadali Dashtbali a déclaré dans des propos rapportés par Phys.org qu’ils avaient utilisé leur modèle pour comprendre comment ces différentes formes de sélection sexuelle devaient influencer le taux d’évolution des traits au fil des générations, précisant que l’estimation des taux évolutifs à partir de données phylogénétiques a permis de confirmer que les ornements se transforment effectivement plus vite que les armes.
L’étude indique également que la dérive stochastique dans les préférences des femelles génère des pressions de sélection fluctuantes qui accélèrent la modification des ornements. À l’inverse, la compétition entre mâles engendre une sélection plus stable, ce qui conduit à une évolution plus lente des armes de combat.
William L. Allen, co-auteur senior, a souligné qu’important encore, leur travail offre également une explication aux raisons sous-jacentes de ce phénomène, indiquant que la dérive stochastique dans les préférences des femelles peut produire une sélection fluctuante sur les ornements des mâles et accélérer leur évolution, tandis qu’une sélection plus stable issue de la compétition entre mâles peut conduire à une évolution plus lente des armes.
Perspectives pour la recherche macro-évolutive
Cette modélisation mathématique éclaire les mécanismes qui régissent la transformation des caractères sexuels secondaires sur de vastes échelles de temps macro-évolutives. Les chercheurs entendent désormais approfondir la compréhension des variations de vitesse évolutive observées entre différents groupes taxonomiques, tout en évaluant l’impact des facteurs écologiques et comportementaux sur ces dynamiques.
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