L’euro reprend du terrain dans un contexte géopolitique incertain, l’inflation américaine au cœur des préoccupations
Par [Votre Nom], Rédacteur en chef, Section Économie, nouvelles-du-monde.com
New York – L’euro a poursuivi sa remontée mardi, atteignant 1,1645 face au dollar, après un rebond marqué depuis son plus bas en quatre mois à 1,1507. Cette reprise, qui s’étend à une troisième session consécutive, témoigne d’un réajustement du « prime de sécurité » du dollar, alors que les signaux de désescalade émis par l’administration Trump se heurtent à des informations contradictoires sur le terrain militaire au Moyen-Orient.
La volatilité actuelle reflète un environnement macroéconomique complexe, où chaque donnée mérite un examen approfondi. Le dollar, bien que toujours fort, a cédé du terrain face à l’australien, avec un gain de 0,92% pour l’AUD, la plus forte progression parmi les principales paires de devises. L’euro a progressé de 0,08%, tandis que la livre sterling a gagné 0,21%. Seul le yen japonais a affaibli face au dollar, perdant 0,05%.
Cette dynamique souligne un regain d’appétit pour le risque et une stabilisation des prix des matières premières après une récente flambée. Les devises liées aux matières premières, comme l’AUD, profitent de ce contexte, tandis que les valeurs refuges traditionnelles, comme le yen, sont délaissées.
Lundi, la chute du taux de change EUR/USD à 1,1507 avait été alimentée par une forte demande de dollars, considérée comme une valeur refuge, en raison de la hausse des prix du pétrole (proche des 119 dollars le baril) et des déclarations du Corps des Gardiens de la Révolution islamique iranien (IRGC) affirmant qu’il dicterait les conditions de la fin du conflit. Les marchés avaient alors intégré le scénario inflationniste le plus pessimiste.
Mardi, le discours de Donald Trump, évoquant une opération « très complète, presque terminée » et l’annonce d’une escorte de tankers par la marine américaine dans le détroit d’Ormuz, ont inversé la tendance. Le prix du pétrole a chuté de plus de 10%, le besoin de dollars en tant que valeur refuge s’est évaporé, et l’euro a récupéré le terrain perdu.
Les analystes soulignent que le niveau de 1,164 est une résistance clé. Si l’euro parvient à franchir et à maintenir ce niveau, et notamment la zone de convergence située entre 1,1679 et 1,1680 (où se rencontrent le retracement de Fibonacci à 50%, la résistance du canal descendant et la moyenne mobile à 50 jours), une poursuite de la hausse vers 1,1714 ou 1,1765 est envisageable.
L’indice du dollar (DXY) a quant à lui glissé sous le niveau de 50% de Fibonacci à 98,62, se consolidant désormais autour de 98,59, juste au-dessus de la moyenne mobile à 50 jours à 98,55. L’indicateur RSI, en baisse vers 45, suggère un affaiblissement de la dynamique haussière.
Les prochaines données économiques, notamment l’indice des prix à la consommation (CPI) américain prévu mercredi, joueront un rôle crucial. Un chiffre supérieur aux attentes (consensus à 2,4% en glissement annuel) pourrait renforcer le dollar en ravivant les anticipations de maintien des taux d’intérêt. À l’inverse, un chiffre inférieur pourrait affaiblir le dollar et favoriser une poursuite de la hausse de l’euro.
Le rapport sur l’emploi américain de février, qui a révélé une baisse inattendue de 92 000 emplois et une augmentation du taux de chômage à 4,4%, complique la situation pour la Réserve fédérale américaine (Fed). La Fed est tiraillée entre la nécessité de lutter contre l’inflation et le risque de freiner la croissance économique.
Selon l’économiste Aditya Bhave de Bank of America, le marché se trompe en supposant qu’un choc pétrolier entraînera automatiquement une réaction hawkish de la Fed. Il souligne que le contexte actuel est différent de celui de 2022, lorsque l’invasion de l’Ukraine par la Russie s’était produite dans un contexte d’inflation déjà élevée et d’un marché du travail robuste.
Les décideurs de la Banque centrale européenne (BCE) sont confrontés au même dilemme. Ils insistent sur la nécessité d’agir avec prudence, tout en reconnaissant que le risque de stagflation (une combinaison de forte inflation et de faible croissance) est réel.
En fin de compte, l’évolution de l’euro face au dollar dépendra de la situation au Moyen-Orient, des données économiques américaines et de la communication des banques centrales. Pour l’instant, l’euro est essentiellement un dérivé du détroit d’Ormuz : chaque signal de résolution du conflit envoie le dollar à la baisse et l’euro à la hausse, et vice versa.
Les analystes de LiteFinance soulignent que la direction de l’EUR/USD dépend fortement des prix du pétrole. La paire a enregistré son plus fort gain quotidien depuis janvier après une chute de 20% du prix du pétrole, avant de reperdre une partie de ses gains lorsque les tensions géopolitiques ont refait surface.
À l’heure actuelle, le marché semble anticiper une résolution partielle du conflit, avec le prix du pétrole retombé à 83-84 dollars le baril. Cette évaluation semble raisonnable compte tenu de l’incertitude persistante. L’EUR/USD aura besoin d’un catalyseur clair – un cessez-le-feu confirmé ou une intensification du blocus du détroit d’Ormuz – pour sortir de sa fourchette actuelle de 1,1507 à 1,1765.
