Tigré : La crainte d’une nouvelle escalade du conflit en Éthiopie, l’ONU appelle à la désescalade
Addis-Abeba, Éthiopie – L’Éthiopie est à nouveau confrontée à une situation sécuritaire fragile dans la région du Tigré, suscitant de vives inquiétudes quant à une possible reprise des hostilités et à une détérioration de la situation humanitaire déjà précaire. L’ONU a lancé un appel urgent à la désescalade, craignant que les tensions actuelles ne compromettent les progrès réalisés grâce à l’accord de Pretoria signé en 2022.
Les affrontements récents, qui ont débuté fin janvier près de la frontière avec l’Amhara, opposent les Forces de défense nationale éthiopiennes (FNDE) aux Forces de sécurité du Tigré (FST). Selon le Bureau des droits de l’homme de l’ONU (OHCHR), l’utilisation d’artillerie lourde et de drones par les deux camps a été signalée. L’OHCHR a également fait état d’arrestations arbitraires de civils, accusés d’être affiliés à l’une ou l’autre des parties.
“Les civils se retrouvent une fois de plus pris au piège entre des tensions croissantes”, a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, dans un communiqué. “Cette situation doit cesser. Les deux parties doivent reculer et résoudre leurs différends par des moyens politiques.”
Parallèlement aux affrontements entre les FNDE et les FST, des combats persistent dans le sud et le sud-est du Tigré, opposant les FST à une faction dissidente, les “Forces de paix du Tigré”. Cette situation complexe ajoute une couche supplémentaire d’instabilité à une région déjà fragilisée par un conflit dévastateur entre 2020 et 2022.
Ce conflit, qui aurait fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de deux millions de personnes, dont un million restent encore déplacées à l’intérieur du pays, a également impliqué, selon des rapports, des soldats érythréens. L’ONU s’inquiète désormais d’une possible implication de l’Érythrée dans les tensions actuelles, soulignant des “disaccords, en particulier concernant la situation au Tigré”.
Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissaire, a mis en garde contre le risque d’une nouvelle escalade. “Nous ne pouvons pas nous permettre un retour à la situation que nous avons connue en 2020 et 2021”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Genève.
L’ONU exhorte toutes les parties à respecter les termes de l’accord de Pretoria, qui prévoit notamment le retour des personnes déplacées. Cependant, la mise en œuvre de cet accord se heurte à des difficultés.
La situation est d’autant plus préoccupante que les tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée risquent d’aggraver les défis humanitaires et liés aux droits de l’homme dans les deux pays et dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique. La région est déjà confrontée à des sécheresses récurrentes, à des pénuries alimentaires et à des déplacements de population massifs.
L’ONU insiste sur la nécessité d’une enquête indépendante et rapide sur les allégations de violations des droits de l’homme commises par les deux camps. Elle appelle également à un dialogue politique constructif pour résoudre les différends et prévenir une nouvelle spirale de violence.
[Intégration potentielle d’un tweet récent d’un compte officiel de l’ONU ou d’une ONG travaillant sur le terrain, par exemple : “🚨 Urgent: Renewed clashes in Tigray risk reversing fragile gains in peace process. @UNHumanRights calls for immediate de-escalation & protection of civilians. #Ethiopia #Tigray”]
La situation au Tigré reste un test crucial pour la stabilité de l’Éthiopie et de la région. Une nouvelle escalade du conflit aurait des conséquences désastreuses pour les populations civiles et pourrait compromettre les efforts de développement et de consolidation de la paix dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique.
