Concentration boursière : faut-il diversifier ses placements ?
par Antoine Dubois
Les marchés financiers américains affichent une concentration croissante, un phénomène qui mérite l’attention des investisseurs, surtout de ceux qui entrent sur le marché en 2026. Alors que les grandes capitalisations technologiques continuent de dominer, la question de la diversification se pose avec acuité.
Selon une analyse récente, le secteur technologique représente désormais environ 34 % de l’indice S&P 500 et près de 50 % du Nasdaq 100. Cette prédominance s’explique en partie par la logique des indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière : les entreprises performantes voient leur poids augmenter mécaniquement, récompensant ainsi le succès.
Mais cette dynamique peut présenter des risques. Les 50 plus grandes entreprises du S&P 500 représentent 44 % de l’indice, tandis que cette proportion grimpe à 58 % pour le Nasdaq 100. Un tel niveau de concentration signifie que la performance de quelques géants peut avoir un impact disproportionné sur l’ensemble du marché.
Quelles alternatives ?
Si investir dans des indices pondérés en capitalisation a été profitable par le passé, notamment pour ceux qui ont pris position plus tôt, la situation actuelle invite à la prudence. Une solution consiste à se tourner vers les fonds négociés en bourse (FNB) à pondération égale.
Le principe est simple : chaque action reçoit le même poids dans le portefeuille, quel que soit sa taille. Cette approche permet de réaliser un effet d’achat bas et de vente haute, en réduisant l’exposition aux valeurs surévaluées et en augmentant celle des valeurs sous-évaluées.
Cependant, les FNB à pondération égale peuvent sous-performer en période de forte hausse des marchés, car ils limitent la progression des plus grandes capitalisations. En contrepartie, ils offrent une diversification accrue et peuvent mieux résister aux corrections boursières.
Deux FNB à l’étude
Deux FNB canadiens se distinguent particulièrement : EQL, d’Invesco Canada, et ZEQL, de BMO Global Asset Management.
EQL est un fonds de fonds qui investit dans un FNB américain à pondération égale de l’indice S&P 500. Il offre la commodité d’être libellé en dollars canadiens, mais est soumis à une retenue à la source américaine de 15 % sur les dividendes, même détenu dans un REER. Sur les cinq dernières années, EQL a affiché un rendement annualisé de 11,94 %, comparativement à 15,9 % pour le S&P 500 en dollars canadiens (après prise en compte de la retenue à la source).
ZEQL, plus récent (lancé en février 2026), suit l’indice MSCI USA Equal Weighted et affiche une composition similaire à celle de l’indice S&P 500 à pondération égale. Son principal avantage réside dans son faible ratio de frais de gestion : 0,06 %, contre 0,26 % pour EQL. Cette différence de coût pourrait, à long terme, se traduire par une performance supérieure.
ZEQL offre également une opportunité de récolte de pertes fiscales. Il est possible de vendre EQL si son prix tombe en dessous du prix d’achat, puis de réinvestir immédiatement dans ZEQL, sans déclencher la règle des pertes superficielles, car les deux FNB suivent des indices différents.
Conclusion
La concentration boursière est un phénomène à surveiller. Les FNB à pondération égale, comme ZEQL, offrent une alternative intéressante pour diversifier ses placements et réduire les risques liés à la domination de quelques grandes entreprises. Bien que ces fonds puissent sous-performer en période de forte hausse, ils constituent une option judicieuse pour les investisseurs soucieux de protéger leur capital et de bénéficier d’une diversification accrue.
[Image d’un graphique comparant la performance de EQL et ZEQL sur 5 ans, source : données des FNB]
[Lien vers un article de blog expliquant la règle des pertes superficielles : exemple fictif]
[Tweet d’un analyste financier sur l’importance de la diversification : exemple fictif]
Avertissement : Les informations fournies dans cet article sont à titre informatif seulement et ne constituent pas un conseil en investissement. Il est recommandé de consulter un conseiller financier avant de prendre toute décision d’investissement.
