Optimiser ses placements obligataires au Canada : une question de fiscalité
Toronto – Pour les investisseurs américains, la planification fiscale est souvent au cœur de la construction de leur portefeuille. Au Canada, la situation est différente, mais l’optimisation fiscale reste un enjeu crucial, particulièrement pour ceux qui ont maximisé leurs comptes enregistrés. Alors que les placements dans des obligations sont traditionnellement peu avantageux fiscalement, deux fonds négociés en bourse (FNB) canadiens offrent des approches innovantes pour améliorer l’efficacité fiscale, selon une analyse récente.
Le Canada se distingue par ses options de comptes enregistrés généreux, notamment le Régime enregistré d’épargne-retraite (REER), le Compte d’épargne libre d’impôt (CELI) et, plus récemment, le Compte d’épargne d’abord pour la maison (CEAH). Cependant, une fois ces enveloppes fiscales saturées, les revenus de placements – intérêts, dividendes et gains en capital – sont imposables.
Contrairement aux États-Unis, où les obligations municipales bénéficient d’un traitement fiscal préférentiel, le Canada impose les revenus d’intérêts, y compris les coupons obligataires et les distributions des fiducies de placement immobilier (FPI), au taux marginal d’imposition. Les gains en capital et les dividendes admissibles, en revanche, sont imposés à un taux réduit. Cette réalité pose un défi aux investisseurs conservateurs qui souhaitent intégrer des obligations à leur portefeuille pour réduire la volatilité, mais qui craignent l’impact fiscal dans un compte non enregistré.
Des obligations à escompte pour une fiscalité plus douce
BMO Gestion mondiale d’actifs propose le FNB BMO Obligations à escompte (ZDB), qui se concentre sur les obligations vendues à un prix inférieur à leur valeur nominale. Cette stratégie vise à générer une plus grande partie du rendement total grâce à l’appréciation du capital à l’approche de l’échéance, plutôt que par les paiements de coupons. Puisque les gains en capital sont imposés à un taux inférieur à celui des intérêts, ZDB peut offrir une efficacité fiscale accrue dans un compte non enregistré.
“L’accès aux obligations à escompte peut être difficile pour les investisseurs individuels en raison de l’opacité et de la liquidité limitée du marché obligataire canadien”, explique l’analyste financier Marc Lavoie. “ZDB offre une solution accessible en suivant l’indice FTSE Canada Universe Discount Bond Index, qui sélectionne les obligations sous-évaluées.”
Avec un ratio de dépenses de seulement 0,10 %, ZDB est l’un des FNB obligataires les plus abordables du Canada. Son rendement de distribution annualisé actuel est d’environ 1,72 %, inférieur à celui des FNB obligataires traditionnels, mais cela reflète la stratégie axée sur l’appréciation du capital. Le FNB présente une durée d’environ sept ans, ce qui le rend modérément sensible aux variations des taux d’intérêt.
Une approche innovante avec les contrats de swap de rendement total
Global X Canada propose une approche radicalement différente avec son FNB Global X Canadian Select Universe Bond Index Corporate Class (HBB). Au lieu d’acheter directement des obligations, HBB conclut un contrat de swap de rendement total avec une contrepartie. Le FNB paie des frais de swap et reçoit en échange le rendement total de l’indice Solactive Canadian Select Universe Bond Index.
Cette structure présente deux avantages majeurs : elle minimise l’erreur de suivi et élimine les paiements de coupons directs aux investisseurs. Le rendement total, y compris les intérêts, est intégré au calcul du swap, ce qui permet de différer l’imposition jusqu’à la vente du FNB.
HBB est structuré en tant que fonds de série corporative, ce qui permet aux gains et aux pertes entre les différentes séries de se compenser, réduisant ainsi les distributions imposables au niveau du fonds. Cependant, cette approche n’est pas sans coût. Les frais de swap, pouvant atteindre 0,30 % par an, s’ajoutent au ratio de dépenses de gestion de 0,10 % et au ratio de dépenses de transaction d’environ 0,29 %, ce qui en fait une option plus coûteuse que ZDB.
“HBB introduit une complexité supplémentaire avec le contrat de swap, mais pour les investisseurs fortunés qui se trouvent dans les tranches d’imposition les plus élevées, le report d’impôt peut en valoir la peine”, souligne Lavoie. Global X utilise des banques canadiennes importantes comme contreparties au swap, ce qui atténue, mais n’élimine pas, le risque de contrepartie.
Un choix éclairé pour optimiser ses placements
Le choix entre ZDB et HBB dépend des besoins et de la situation fiscale de chaque investisseur. ZDB offre une solution simple et abordable pour détenir des obligations dans un compte non enregistré, tandis que HBB propose une stratégie plus sophistiquée pour différer l’imposition.
Les investisseurs canadiens devraient consulter un conseiller financier pour déterminer la meilleure approche en fonction de leur tolérance au risque, de leurs objectifs de placement et de leur situation fiscale. L’optimisation fiscale est un élément essentiel d’une stratégie de placement réussie, et ces deux FNB offrent des options intéressantes pour améliorer l’efficacité fiscale des placements obligataires.
[Image : Graphique comparant le rendement et les frais de ZDB et HBB]
[Lien vers un article du gouvernement du Canada sur les comptes enregistrés : https://www.canada.ca/fr/agence-revenu.html]
[Vidéo YouTube expliquant les obligations à escompte : (Insérer lien vers une vidéo pertinente)]
[Publication Instagram illustrant les avantages du CELI : (Insérer lien vers une publication pertinente)]
