Percée médicale : Une nouvelle thérapie anticancéreuse montre des résultats prometteurs chez les chats, ouvrant la voie à des essais cliniques chez l’humain
San Francisco, Californie – Des chercheurs du Center oncologique de la famille Helen Diller de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) ont annoncé des résultats encourageants concernant une nouvelle thérapie ciblant un facteur clé dans le développement du cancer. L’étude, publiée récemment, suggère que l’inhibition de STAT3 pourrait être une stratégie thérapeutique efficace, et que les chats pourraient offrir un modèle préclinique plus pertinent pour les humains que les souris traditionnellement utilisées.
La thérapie a été testée sur 20 chats atteints de tumeurs orales agressives,un cancer souvent fatal en quelques mois après le diagnostic. Les résultats sont notables : sept chats ont montré une réponse partielle ou une stabilisation de leur maladie,avec une survie moyenne de 161 jours,dépassant les attentes. L’un des cas les plus marquants est celui de Jak, un chat de 9 ans qui, après quatre traitements, a vu son état s’améliorer et a pu profiter de plus de huit mois supplémentaires avec sa famille.Au-delà de l’inhibition de STAT3, la thérapie a également induit une augmentation des niveaux de PD-1, une protéine cruciale pour la réponse immunitaire. Les effets secondaires observés ont été minimes, se limitant à une légère anémie.Pourquoi les chats ?
Les chercheurs soulignent que les chats présentent des avantages significatifs par rapport aux modèles murins pour l’étude du cancer. Ils partagent un environnement plus proche de celui des humains et développent des tumeurs plus hétérogènes, reflétant mieux la complexité des cancers humains. Cette similitude biologique pourrait expliquer la pertinence des résultats observés.
Vers des essais cliniques chez l’humain
Forts de ces résultats prometteurs, l’équipe de l’UCSF collabore désormais avec une entreprise biotechnologique pour préparer des études cliniques, d’abord chez les chats, puis chez les humains. Cette approche innovante pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans la lutte contre le cancer, en particulier pour les tumeurs résistantes aux traitements conventionnels.
STAT3 et le cancer : un lien crucial
STAT3 (Signal Transducer and Activator of Transcription 3) est une protéine impliquée dans la croissance, la survie et la propagation des cellules cancéreuses. Son inhibition est considérée comme une stratégie prometteuse pour bloquer la progression tumorale. Les thérapies ciblant STAT3 sont en développement depuis plusieurs années, mais les défis liés à la spécificité et à la toxicité ont freiné leur progression. L’étude de l’UCSF apporte une nouvelle approche,démontrant la faisabilité et la sécurité de l’inhibition de STAT3 dans un modèle animal pertinent.
L’avenir de la recherche préclinique
Cette recherche souligne l’importance d’explorer des modèles animaux alternatifs pour la recherche préclinique. Les chats, avec leur physiologie plus proche de celle de l’humain, pourraient devenir un outil précieux pour le développement de nouvelles thérapies anticancéreuses, réduisant ainsi le risque d’échecs lors des essais cliniques chez l’humain.
