Enquête criminelle ouverte contre un ancien responsable de la patrouille frontalière pour des actions lors d’une opération controversée au Minnesota
MINNEAPOLIS – L’ancien chef de la patrouille frontalière Gregory Bovino fait l’objet de 17 enquêtes criminelles dans le comté de Hennepin, dans le Minnesota, en lien avec l’utilisation de produits lacrymogènes lors de l’opération « Metro Surge » du Département de la Sécurité intérieure (DHS), a annoncé lundi le bureau du procureur du comté.
L’opération « Metro Surge », qui a vu jusqu’à 3 000 agents d’immigration déployés dans la région, a été critiquée pour ses conséquences sur la communauté locale. Le DHS a défendu l’opération, affirmant que l’application de la loi en matière d’immigration est de compétence fédérale.
L’enquête porte notamment sur un incident survenu le 21 janvier dernier dans le parc Mueller à Minneapolis, où Bovino a été filmé lançant une grenade lacrymogène sur des manifestants et des observateurs, selon des images diffusées par l’activiste Ben Luhmann. L’analyse de cette grenade par le professeur Sven-Eric Jordt de l’école de médecine de l’université Duke suggère qu’elle pourrait contenir des substances toxiques, notamment du plomb et du chrome.
La procureure du comté, Mary Moriarty, a annoncé la création d’un « Projet de transparence et de responsabilité » pour examiner les 17 cas, avec une équipe de procureurs et d’enquêteurs civils. Un portail en ligne a également été mis en place pour permettre aux membres de la communauté de soumettre des photos, des vidéos et des témoignages concernant d’éventuels agissements illégaux de la part des agents fédéraux.
Moriarty a également indiqué qu’elle envisagerait de poursuivre le gouvernement fédéral si celui-ci continuait de refuser de fournir des preuves concernant les décès de Renée Good et Alex Pretti, ainsi que la fusillade impliquant Julio Sosa-Celis.
Ces enquêtes interviennent dans un contexte de critiques croissantes concernant les abus présumés commis par les agents fédéraux à l’encontre des immigrants, des manifestants et des observateurs au Minnesota. Des cas de meurtres de manifestants désarmés, de détention d’enfants, de confiscation de documents d’immigration et d’utilisation de gaz lacrymogènes contre des rassemblements pacifiques ont été signalés.
Selon Mother Jones, ces actions s’inscrivent dans la continuité des pratiques de l’administration Trump. Cependant, des initiatives locales, soutenues par des autorités étatiques et comtales comme Moriarty, se multiplient pour contester ces pratiques et obtenir justice pour les victimes.
