En Birmanie, l’ONU appelle à la libération de deux journalistes

En Birmanie, l’ONU appelle à la libération de deux
journalistes

L'ONU appelle à la libération de deux journalistes de l'agence Reuters condamnés lundi 3 septembre à sept ans de prison pour avoir enquêté sur les Rohingyas. Ils sont accusés de"Violation du secret d'Etat".

Deux journalistes de l'agence Reuters ont été condamnés lundi 3 septembre pour avoir enquêté sur un massacre de musulmans rohingyas. "Ayant tous deux violé le secret d'Etat, ils sont condamnés à sept ans de prison chacun"Le juge Ye Lwin a déclaré devant une salle d'audience remplie de journalistes et de diplomates.

"Nous continuons à exiger leur libération"a répondu Knut Ostby, le représentant de l'ONU en Birmanie peu après le verdict. "Ces deux journalistes courageux ont recueilli des preuves que l'armée avait commis des crimes de masse contre des civils rohingyas", que "Les autorités birmanes ont essayé de couvrir", à son tour critiqué lundi 3 septembre notamment l’ONG Fortify Rights.

Contexte haute tension

Ce verdict intervient dans un contexte de grande tension entre la Birmanie et la communauté internationale: le lundi 27 août, les enquêteurs de l’ONU ont publié un rapport évoquant & # 39; le génocide & # 39; Rohingyas et directement accuser l'armée, mais aussi le silence d'Aung San Suu Kyi, chef du gouvernement civil depuis 2016.

En outre, le mardi 28 août, la question de la poursuite des militaires birmans dans la justice internationale a été discutée au Conseil de sécurité des Nations Unies. Samedi 1st En septembre, à Yangon, une centaine de manifestants ont demandé la libération des deux journalistes, au nom de la liberté de la presse.

RELIRE: Birmanie: deux journalistes poursuivis pour enquête Rohingya

"Le gouvernement ferme les yeux et les oreilles du peuple"

Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, en détention provisoire depuis décembre 2017, ont été condamnés à 14 ans de prison à l'issue de ce procès très controversé dans un pays où l'indépendance du pouvoir judiciaire est discutable.

"Le gouvernement peut nous emprisonner … mais ne fermez pas les yeux et les oreilles de la population"Kyaw Soe Oo a déclaré devant la foule devant un tribunal avant d’être poussé dans une camionnette vers la prison.

"Ces deux admirables journalistes ont passé près de neuf mois en prison pour des accusations inventées de toutes pièces visant à les faire taire et à intimider la presse."Reuters a réagi dans un communiqué.

La Birmanie poursuit ses poursuites

Les deux journalistes birmans de l’agence de presse sont accusés d’avoir obtenu des documents relatifs aux opérations des forces de sécurité birmanes dans l’Etat de Rakhine, une région du nord-ouest de la Birmanie, théâtre de la tragédie Rohingya.

Ils enquêtaient sur un massacre de membres de la minorité musulmane dans le village d'Inn Dinn. Quelques jours après leur arrestation, l'armée a admis que des soldats et des villageois bouddhistes avaient tué de sang-froid des prisonniers Rohingya le 2 septembre 2017 et sept soldats ont été condamnés à dix ans de prison pour le massacre.

Le verdict a été suivi de près par la communauté internationale, qui avait lancé de nombreux appels à la libération des deux journalistes, de Bruxelles à Washington.

Malgré les pressions, la justice a toujours maintenu les poursuites. Si les documents détenus par les journalistes "Se trouvant entre les mains de terroristes, ils auraient pu fomenter plus facilement des attaques", avait justifié le 20 août le procureur Kyaw Min Aung dans ses réquisitions.

VIDEO – Qui sont les Rohingyas?

La croix (avec AFP)

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